En 2022, lors de son meeting au Vieux-Port de Marseille, entre les deux tours de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron déclarait : « La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas. » Cette phrase, lancée pour séduire les électeurs de gauche, semblait marquer un tournant dans son engagement environnemental.
Un contexte géopolitique bouleversé
Quatre étés ont passé, marqués par des crises majeures : une guerre aux portes de l'Europe, un conflit au Moyen-Orient, et une dissolution de l'Assemblée nationale. Ces événements ont profondément redéfini les priorités du gouvernement, reléguant au second plan les promesses écologiques.
Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2023, 62 % des Français estimaient que le gouvernement n'en faisait pas assez pour l'environnement, contre 38 % en 2022. La déception est particulièrement forte chez les électeurs de gauche, dont 78 % jugent insuffisantes les actions menées.
Des mesures écologiques en demi-teinte
Le gouvernement a pourtant mis en place plusieurs dispositifs : la loi Climat et Résilience, le plan de relance vert, ou encore la stratégie nationale bas-carbone. Mais les critiques fusent sur leur manque d'ambition. « On attendait un vrai big bang écologique, on a eu des rustines », dénonce Anne Bringault, coordinatrice du Réseau Action Climat.
Les associations environnementales pointent du doigt les contradictions : subventions aux énergies fossiles maintenues, retard dans la rénovation énergétique des bâtiments, ou encore soutien à l'agriculture intensive. Le Haut Conseil pour le climat, dans son rapport annuel de 2023, souligne que « la France n'est pas sur la trajectoire de ses objectifs climatiques pour 2030 ».
La promesse de 2022 : un engagement flou
Que signifiait exactement cette promesse ? Pour les experts, elle relevait davantage du symbole que d'un engagement concret. « C'était une formule de campagne, pas un programme détaillé », analyse le politologue Pascal Perrineau. « Mais elle a créé des attentes irréalistes chez les électeurs sensibles à l'écologie. »
Face à la multiplication des crises, le président a recentré son action sur la sécurité, l'économie et l'immigration. Lors de son allocution du 14 juillet 2023, l'écologie n'était même pas mentionnée. Un signal fort pour les militants.
Quel avenir pour l'écologie en France ?
Alors que la France se prépare pour les prochaines échéances électorales, la question écologique reste centrale dans l'opinion. Selon une enquête de l'Ademe, 87 % des Français se disent préoccupés par le changement climatique. Mais le lien de confiance avec le pouvoir est rompu.
« Les promesses non tenues alimentent la défiance envers la classe politique », estime Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts. « Il faudra des actes forts pour reconstruire cette crédibilité. »



