L'armée de l'Air teste le missile Hellfire depuis un drone Reaper pour la lutte anti-drones
Missile Hellfire tiré depuis un Reaper : test réussi

L'armée de l'Air et de l'Espace a réalisé au mois d'avril dernier des tirs d'expérimentation air-air près de l'île du Levant en Méditerranée, au large d'Hyères (Var), à l'aide d'un missile Hellfire tiré depuis un drone Reaper. Ces tirs ont permis de détruire des cibles volantes d'une envergure d'environ trois mètres, censées représenter l'équivalent d'un drone Shahed.

Une capacité innovante pour la 33e escadre

La 33e escadre de reconnaissance, de surveillance et d'attaque (Esra), qui opère les douze drones Reaper de l'armée de l'Air depuis la BA 709 de Cognac (Charente), peut désormais employer ce couple Reaper-Hellfire pour faire de la lutte anti-drones. Le missile n'a pas été modifié pour ce nouvel emploi, mais un processus d'engagement a été présenté à la weapon school qui a ensuite assisté les équipages jusqu'à la phase d'expérimentation.

« La vocation première du missile Hellfire est de traiter des menaces au sol, mais nos équipages qualifiés instructeurs en armement et en emploi tactique, ont imaginé son emploi pour traiter des menaces de type Shahed », souligne le lieutenant-colonel Nicolas, chef d'Etat-Major de la 33e Esra.

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Le Reaper, un drone polyvalent

Capable de voler jusqu'à 35 heures d'affilée, le Reaper est avant tout un drone de surveillance et de reconnaissance. Mais, depuis 2019, il peut aussi emporter de l'armement, notamment des bombes GBU12, tandis que les missiles Hellfire équipent l'appareil depuis fin 2025. « Le missile Hellfire ouvre une capacité beaucoup plus large par rapport à la GBU12 qui est une bombe guidée laser », explique le capitaine Mathis, pilote à distance de Reaper.

C'est « un armement relativement souple d'emploi, qui doit désormais nous permettre de protéger des emprises françaises qui seraient menacées par des drones de type Shahed », confirme le lieutenant-colonel Nicolas.

La menace Shahed

Largement utilisé par les Iraniens depuis le mois de février, le Shahed est une munition rôdeuse mesurant 3,50 m de long et 2,50 m d'envergure, qui peut contenir une charge explosive de 40 kg, et parcourir plus de 2 000 km à la vitesse de 185 km/h. La Russie utilise de son côté un dérivé du Shahed dans la guerre qu'elle mène contre l'Ukraine.

Un atout pour la défense aérienne

« Ce binôme Reaper-Hellfire devient un atout pour l'armée de l'Air car il diversifie les possibilités de réponse face à la menace de drones type Shahed, ajoute le lieutenant-colonel Nicolas. C'est une étape déterminante dans la construction d'une défense aérienne élargie multicouche, impliquant les Rafale, les hélicoptères Caracal et Fennec, ainsi que nos systèmes de défense sol-air », poursuit-il.

Base avancée en Corse

L'armée de l'Air a inauguré il y a quelques jours, sur la BA 126 de Solenzara en Corse, un nouveau « plot » capable d'accueillir des drones Reaper de la BA 709 de Cognac, pour ainsi les « rapprocher d'une position stratégique en Méditerranée », si nécessaire. « Cela permettra de contribuer à la sécurité de la zone avec les partenaires européens et otaniens », explique le lieutenant-colonel Nicolas.

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