Trump et le Giec : l'abandon du scénario alarmiste décrypté
Trump et le Giec : l'abandon du scénario alarmiste

La nouvelle a enchanté les climato-rassuristes du monde entier. Donald Trump s'est félicité sur les réseaux sociaux que le « TOP comité des Nations unies sur le climat » ait abandonné ses projections RCP8.5, qu'il qualifie de « FAUSSES, FAUSSES, FAUSSES ». Mais quand on plonge dans le détail, les projections restent inquiétantes. La sociologue Béatrice Cointe nous explique.

Un retrait qui fait polémique

Partout autour du monde, des voix s'élèvent pour saluer ce qu'elles considèrent comme un « reflux massif de l'alarmisme écologiste ». En France, une tribune dans Valeurs actuelles évoque un abandon du scénario le plus alarmiste. En Allemagne, une ancienne ministre s'interroge sur un possible retour en arrière concernant le déclin de l'industrie automobile. Mais de quoi s'agit-il exactement ?

Les dessous de la décision

À l'origine de cette offensive anti-écologique, un article scientifique publié le 7 avril, intitulé « The Scenario Model Intercomparison Project for CMIP7 ». Ce papier, signé par une quarantaine de chercheurs, prépare les scénarios utilisés dans les modélisations climatiques. Le scénario RCP8.5, souvent qualifié d'alarmiste, est effectivement abandonné au profit de trajectoires plus réalistes.

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Cependant, Béatrice Cointe précise que cela ne signifie pas que le réchauffement climatique soit moins préoccupant. Les nouveaux scénarios intègrent des données actualisées sur les politiques climatiques, mais les projections restent élevées. L'objectif de l'Accord de Paris, limiter le réchauffement à 1,5 °C, semble toujours hors de portée.

Une lecture nuancée nécessaire

La sociologue insiste sur le fait que l'abandon du RCP8.5 ne doit pas être interprété comme une victoire pour les climato-sceptiques. « Les scientifiques ajustent leurs modèles en fonction des évolutions réelles, mais la tendance au réchauffement reste nette », explique-t-elle. Les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter, et les conséquences sont déjà visibles.

Les climato-rassuristes, en se focalisant sur ce seul scénario, risquent de minimiser l'urgence climatique. Béatrice Cointe appelle à une lecture plus nuancée des travaux du Giec, qui reste une référence incontestée en matière de climatologie.

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