« Saint-Servais, Saint-Pancrace et Saint-Mamert font à trois un petit hiver. » Ce dicton fait frissonner les jardiniers. Ces saints, dits les saints de glace, fêtés entre le 11 et le 13 mai, marquent dans l'imaginaire collectif les derniers assauts de l'hiver et du gel. Le 13 mai, après la Saint-Servais, les agriculteurs et jardiniers pourraient donc planter en toute sécurité…
Une croyance démentie par les données
Pour autant, selon les météorologues, cette situation est loin d'être systématique. Météo-France a étudié les températures dans 130 stations en plaine depuis 73 ans et son verdict est sans appel : « Ce phénomène est faux les deux tiers du temps. » Au cours de la période étudiée, il y a quarante-neuf années où au moins une station en France métropolitaine a mesuré du gel entre les Saints de Glace et le 30 juin. « On a donc 67 % des cas où la dernière période de froid de l'année a eu lieu après les Saints de Glace ».
Et Saint-Urbain dans tout ça ?
À se demander s'il ne vaut mieux pas, finalement, se fier à Saint-Urbain… De nombreux jardiniers ajoutent en effet généralement aux trois saints de glace ce quatrième larron (surtout dans la partie nord de la France), fêté autrefois le 25 mai. Le fameux Saint-Urbain qui « les tient tous [les trois autres saints de glace] dans la main »…
En 2026… ça caille !
Météo-France souligne une tendance à la baisse des périodes de gel à grande échelle. « Après 1995, c'est l'année 2012 qui compte le plus de stations avec gelée la même année, au nombre de 31 seulement. Avant 1995, il y avait régulièrement des années où 30 stations ou plus mesuraient des gelées après les Saints de Glace. » Par décennie, 1990 compte le plus d'années sans mesure de gel (cinq années), bien qu'elle contienne 1995, l'année comportant le maximum de stations ayant mesuré du gel (70 stations). La décennie 2010 compte le moins d'années sans mesure de gel (deux années). Il gèle donc plus régulièrement entre 2010 et 2020 qu'entre 1990 et 2000, mais à moins d'endroits.
Quant à 2026, sans préjuger des jours à venir, le froid est pour l'instant bien au rendez-vous. « La nuit du 11 au 12 mai a été particulièrement froide des Hauts-de-France au Grand-Est, avec de petites gelées sous abri, précise Météo-France. Jusqu'à -1,7 °C ont été relevés à Mourmelon-le-Grand (Marne), -1,0 °C à Charleville-Mézières (Ardennes) et +0,5 °C à Beauvais (Oise). » Bis repetita ce mercredi, avec un nouvel afflux d'air polaire maritime engendrant une situation à giboulées au nord de la Loire. Un temps froid et humide qui va se prolonger pour le week-end de l'Ascension.



