Dans une chronique publiée par Libération, le journaliste Luc Le Vaillant interroge notre rapport au temps face à l'urgence climatique. Il oppose le temps médiatique, celui de l'actualité immédiate, au temps long des transformations nécessaires pour enrayer le réchauffement climatique. Selon lui, cette dissonance temporelle est un obstacle majeur à l'action.
Le temps médiatique et l'urgence climatique
Luc Le Vaillant souligne que les médias privilégient l'instantané, le fait divers, l'actualité chaude, au détriment des enjeux de fond comme le climat. Il écrit : « Le temps qu’il fait, c’est le temps de l’info en continu, celui des alertes météo, des canicules et des inondations. Le temps qu’il faut, c’est celui de la décision politique, de la planification écologique, de la transition énergétique. » Cette dichotomie explique en partie la difficulté à mobiliser durablement l'opinion publique.
L'inaction face à l'accumulation des preuves
Le chroniqueur rappelle que les rapports du Giec se succèdent, mais que les engagements des États restent insuffisants. Il cite le dernier rapport du Giec qui indique que les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer de 45 % d'ici 2030 pour espérer limiter le réchauffement à 1,5 °C. Or, les politiques actuelles nous mènent vers une hausse de 2,7 °C. « Nous savons tout, mais nous n’agissons pas assez », déplore-t-il.
Appel à une prise de conscience collective
Luc Le Vaillant appelle à une « révolution temporelle » qui consisterait à accorder plus de place au temps long dans le débat public. Il estime que les citoyens doivent exiger des politiques qu'ils pensent sur le long terme, au-delà des échéances électorales. « Il faut que le temps qu’il fait ne nous fasse pas oublier le temps qu’il faut », conclut-il. Une invitation à repenser notre rapport au temps pour faire face à l'urgence climatique.



