Une première vague de chaleur s'abat sur la France ce mercredi, avec 50 départements placés en vigilance jaune par Météo-France et des pointes à 40 °C attendues dimanche. Cet épisode de canicule perturbe l'examen du baccalauréat, forçant le gouvernement à envisager le report local des épreuves orales.
Des températures en hausse progressive
Météo-France place 50 départements en vigilance jaune ce mercredi face à une vague de chaleur nationale, épargnant la Bretagne et la Manche. Le Sud-Ouest, le Centre-Ouest et le Centre-Est atteindront 36°C à 37°C, avant des pointes à 40°C dimanche. Jeudi, le nombre de départements concernés passera à 69, avec un probable passage en vigilance orange à partir de jeudi midi sur les régions allant du bassin parisien au centre du pays. Dimanche, pour la fête de la musique à l'occasion du solstice d'été, plusieurs régions pourraient connaître des pointes à 40°C, prévient Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France.
Cette vague de chaleur est la 52e depuis 1947, alors que les occurrences se multiplient sous l'influence du changement climatique alimenté par l'utilisation massive des énergies fossiles. Fin mai, le pays avait déjà été frappé par des températures inédites pour le mois, mais l'épisode ne remplissait pas les critères précis pour être qualifié de vague.
Le baccalauréat en pleine canicule
La canicule va toucher les épreuves du baccalauréat. Mercredi et jeudi sont les jours d'épreuves de spécialités en terminale. Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, a annoncé mardi que les oraux du bac pourraient être reportés localement, de quelques heures ou de quelques jours. Dimanche, il avait déjà affirmé souhaiter qu'aucun examen ne se déroule les après-midi.
François Tessier, professeur d'histoire-géographie dans un lycée de Vierzon (Cher) et président du Snalc Orléans-Tours, dénonce une impréparation totale : « Les personnels de direction essayent de trouver les salles les plus à l'ombre, dans les bâtiments qui le permettent, mais sinon on n'a rien, excepté quelques bouteilles d'eau et éventuellement un malheureux ventilateur par salle. » Il s'inquiète particulièrement pour les jours à venir : « Qu'est-ce qui va se passer lundi, où l'on nous annonce 40 °C pour le grand oral ? Je suis bien incapable de vous le dire. »
La SNCF également affectée
Les fortes chaleurs peuvent aussi ralentir l'activité économique, par exemple la production d'électricité. EDF envisage ainsi des baisses de production dans deux de ses centrales nucléaires de la région Auvergne/Rhône-Alpes, au Bugey (Ain) et à Saint-Alban (Isère), pour limiter le réchauffement du Rhône. Sur les rails, plusieurs lignes de trains sont également affectées. En prévisions de pannes potentielles de climatisation, la SNCF a décidé de supprimer jeudi et vendredi plusieurs trains Intercités, essentiellement en mi-journée. Au total, 14 Paris-Limoges-Toulouse et huit Paris-Clermont sont annulés sur ces deux jours, tout comme cinq trajets Bordeaux-Marseille jeudi.
Une biodiversité menacée
Dans la nature, les oiseaux ou les petits mammifères peinent à réguler leur température quand la chaleur devient étouffante. Le printemps, moment de l'élevage des jeunes, représente une phase critique, souligne Grégoire Loïs, ornithologue au Museum national d'histoire naturelle. « Un événement d'extrême thermique en septembre n'a pas le même impact qu'au mois de mai ou juin », remarque le scientifique.
Critiqué par l'opposition pour son impréparation lors du précédent épisode de chaleur, le gouvernement entend montrer sa mobilisation. Plusieurs ministres se sont déplacés au centre de crise sanitaire du ministère de la Santé mardi après-midi. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, doit présenter mercredi un premier bilan du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), censé préparer la France à un réchauffement pouvant aller jusqu'à +4°C d'ici 2100.
Ce genre d'épisodes est appelé à se multiplier à l'avenir. Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, rappelle que le pays est confronté à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique.



