Patronat sud vent debout contre le gel des exonérations de cotisations
Patronat sud vent debout contre le gel des exonérations

Publicité « On n’est pas des distributeurs automatiques » : 35 organisations patronales de la région Sud vent debout contre le gel des exonérations de cotisations

À l’initiative du Medef Sud, les représentants des patrons de Provence-Alpes-Côte d’Azur se sont rassemblés à Aix-en-Provence ce mardi 16 juin pour lancer un cri de colère. Les représentants des différentes branches patronales, soit l’emploi d’un million de salariés, étaient réunis à Aix à l’initiative du Medef Sud ce mardi 16 juin.

C’est la mesure de trop, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, le « choc de désattractivité » : les représentants de 35 organisations patronales de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur n’avaient pas de mots assez forts, ce mardi 16 juin dans les locaux de la Maison des entreprises à Aix-en-Provence, pour dénoncer la volonté de l’État de geler le barème des exonérations de cotisations patronales. À l’initiative du Medef Sud présidé par le Varois Stéphane Benhamou, « la réunion s’est organisée en 24 heures alors que la dernière fois, en novembre, au sujet du débat sur le budget de l’État et de la Sécurité sociale, il nous avait fallu une semaine ». Autrement dit, les patrons de la région, qui toutes branches confondues pèsent un million de salariés, sont mobilisés pour faire entendre leur voix, même s’ils ne croient plus vraiment dans la représentation politique.

« C’est encore vers les entreprises qu’on se tourne pour combler l’incapacité des gouvernants à prendre des décisions courageuses et audacieuses », lançait Gérard Molines, le président azuréen de Mobilians, qui fédère 25 métiers de la route soit 45 000 salariés dans la région, pointant l’alourdissement du coût du travail que représente cette mesure qui « vient anéantir les derniers efforts possibles pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés », ajoutait Philippe Rico, vice-président de l’U2P Paca et président de la Capeb Paca Corse. « Les entreprises de proximité font travailler 360 000 salariés dans la région, dont 115 000 pour le seul secteur du bâtiment. Toucher à ces entreprises, c’est toucher à l’emploi sans parler des emplois induits. » précisait le patron vauclusien.

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Un point de rupture pour les entrepreneurs

Après la réduction des aides au recrutement des apprentis, et aussi plus récemment la hausse du Smic, les entrepreneurs de la région estiment être arrivés à un point de rupture, qui met en péril la rentabilité de leurs entreprises. « Il est temps qu’on comprenne que nous avons atteint nos limites. Les politiques nous considèrent comme une réserve inépuisable mais on n’est pas des distributeurs automatiques ! » ajoutait Lydia Marmod, présidente de l’Umih qui fédère l’hôtellerie et la restauration dans la région, soit 150 000 salariés pour 12 715 entreprises.

Pour le nouveau président de l’UPE des Bouches-du-Rhône, Jean-Christophe Amarantinis, qui préside par ailleurs le syndicat national des professionnels du privé du grand âge (Synerpa), « c’est à un choc de désattractivité », auquel les mesures successives de l’État exposent le monde économique. « Le coût du travail va encore être majoré dans notre pays, on nous rend encore plus fragiles », s’alarmait Corinne Innesti, trésorière de la CPME Sud.

Hausse du Smic et inquiétudes

Le monde patronal s’inquiète aussi de la hausse du Smic, de 2,4 %, qui mécaniquement va gagner l’ensemble des salaires au sein de leurs entreprises. « Pour la mienne (Paca participations, Ndlr), on parle d’appliquer cette hausse à un montant global de 150 000 euros, cela coûte un peu cher en bas de la page ! » détaillait Stéphane Benhamou qui confie « renoncer pour la première fois à une indexation des rémunérations pour la catégorie employés ». Le président du Medef Sud a fait le compte : « Depuis 2024, ce sont 4 milliards de charges additionnelles auxquelles doivent faire face les entreprises, les gouvernants doivent comprendre qu’ils ne peuvent pas sans cesse tirer sur elles ».

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Un monde politique jugé « irresponsable » dans sa façon de gérer l’État, peu soucieux de faire des économies, comme le pointait avec virulence Geneviève Melkonian, à la tête du club des ETI Sud, « On a fait la flat tax sur le capital de 30 %, on n’a qu’à faire la même chose sur les revenus du travail, avec un écart de 30 % maximum entre les salaires brut et net ! Mais les politiques doivent arrêter de jeter l’argent par les fenêtres ! »

Pour Isabelle Lonchampt, présidente de la fédération BTP des Bouches-du-Rhône, « les responsables politiques ne voient que les dépenses immédiates et pas ce qu’une mesure peut rapporter à long terme. Si nous gérions nos entreprises de la même manière, ce serait une catastrophe ! Par exemple, le dispositif Pinel coûtait 38 milliards d’euros mais rapportait 96 milliards ! ».

Spirale infernale

Les patrons de la région, bien décidés à embarquer leurs homologues de l’ensemble de l’Hexagone dans cette fronde, ont peur d’une spirale infernale. « Si l’État se défausse sur nous en augmentant le coût du travail, nous allons nous adapter mais cela veut dire licencier, moins recruter, moins former, donc un taux de chômage en hausse et moins de cotisations qui entrent dans les caisses de l’État, on tourne en rond ! », résumait le président de l’UPE 13.

Pour celui de la fédération des entreprises de propreté (50 000 collaborateurs en Paca pour 5 000 dirigeants), le Haut-Alpin Pierre-Louis Rougny, « l’allègement de cotisations qu’on va enlever, cela représente le triple du résultat moyen de nos entreprises. La masse salariale représente 80 % de nos coûts ».

À l’approche de 2027, ils l’assurent, « nous avons des solutions », qu’ils voudraient faire entendre.