Brevet 2026 : 460 millions pour rénover 50 collèges varois face à la canicule
Brevet 2026 : 460 M€ pour rénover 50 collèges varois face à la canicule

Dès ce vendredi 26 juin 2026, 12 670 collégiens du Var (11 958 en série générale et 712 en série professionnelle) affrontent les épreuves du brevet dans des conditions caniculaires. Les températures dépassent les 30 degrés dans de nombreuses salles de classe, suscitant l’inquiétude des parents, des enseignants et du personnel.

Des salles de classe en surchauffe

« Ils ont ouvert une cellule de crise au collège de Carcès la semaine dernière. Dans les salles du 2e étage, il n’est plus possible de faire cours normalement », témoigne une mère de famille, soulignant que l’établissement est pourtant récent. Dominique Queyroulet, professeur au collège Frédéric-Mistral de Bormes et secrétaire départemental SNES-FSU, ajoute : « Ce matin, un collègue d’un autre collège du Var avait 31 degrés dans sa classe à 8 heures, 34 degrés à midi ! C’est insupportable. »

Des réponses jugées insuffisantes

Le syndicaliste déplore le manque de réaction du ministère : « À court terme, ils nous infantilisent, nous conseillent de rester à l’ombre ou d’ouvrir les fenêtres la nuit… Sans eux, nous n’y aurions pas pensé ! Et sur le fond, ils renvoient vers les collectivités qui gèrent les établissements, à des décisions au cas par cas. Mais cela va encore renforcer les inégalités. » Il appelle à « une réponse globale » et rappelle que « s’il fait trop chaud en ce moment dans nos salles, il y fait bien souvent trop froid aussi en hiver. Ces bâtiments sont de véritables passoires thermiques. »

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Un plan ambitieux de 460 millions d’euros

Le conseil départemental du Var a lancé un « Plan de Rénovation des Collèges » doté de 460 millions d’euros sur la période 2026-2034, en complément des 100 millions déjà investis depuis 2019. L’objectif est « d’offrir aux élèves un cadre d’apprentissage sain, naturellement tempéré par une approche bioclimatique globale », selon les services départementaux. Ce plan prévoit des travaux sur 50 collèges, avec une « accélération décisive » du confort thermique et du verdissement des cours pour diminuer les îlots de chaleur.

Des mesures concrètes

Les rénovations incluent : isolation thermique renforcée, remplacement des menuiseries avec des verres à facteur solaire élevé, installation de protections solaires actives (brise-soleil orientables, volets roulants électriques, films solaires), surventilation nocturne, création de « Zones refuges rafraîchies » (restauration, CDI, gymnases) et climatisation ultra-ciblée dans les locaux les plus utilisés ou sensibles. Le département prévoit également de désimperméabiliser et de végétaliser les cours pour créer des îlots de fraîcheur naturels.

Un choix assumé face à la climatisation généralisée

Le conseil départemental justifie cette approche : « Ce choix de l’intelligence constructive et bioclimatique exige un investissement structurel bien supérieur à la simple installation de climatiseurs de surface. » Il rappelle que « des salles de classe hermétiques sous climatisation artificielle présentent des risques sanitaires avérés : mauvais renouvellement de l’air, chocs thermiques. » Une étude spécifique sur l’îlot de chaleur est en cours au collège Jean Moulin à Brignoles, qui permettra d’adapter les aménagements dans tous les établissements.

Un besoin urgent malgré les investissements

Dominique Queyroulet reconnaît l’effort : « On sait qu’un vaste plan de rénovation est lancé. C’est très bien, même si cela arrive un peu tard. » Il espère que « ce sujet ne soit pas trop vite oublié, jusqu’à la prochaine canicule… » En attendant, les 12 670 candidats au brevet devront composer avec la chaleur, tandis que le département poursuit sa stratégie de rénovation durable.

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