Un an après les inondations meurtrières, Cavalière au Lavandou peine à se relever
Un an après les inondations, Cavalière peine à se relever

Un an après les inondations meurtrières du 20 mai 2025, le quartier de Cavalière au Lavandou peine toujours à s'en remettre. Ce jour-là, des pluies diluviennes ont fait sortir le Quicule de son lit, causant d'importants dégâts et la mort de deux personnes. Un an plus tard, la station balnéaire tourne encore au ralenti.

Des précipitations records

Ce matin du 20 mai 2025, les prévisionnistes annonçaient 50 mm de précipitations sur la commune du Lavandou. Mais localement, sur le quartier de Cavalière, il est tombé 256 mm en deux heures. Adossée aux contreforts du massif des Maures, la station a vu l'eau dévaler à toute vitesse. La rivière Quicule a gonflé jusqu'à submerger les berges et inonder les habitations. Près de 200 personnes, dont 25 hôteliers et restaurateurs, ont été sinistrées. Bernadette et Philippe Bernard, un couple de retraités de l'Yonne, ont perdu la vie, emportés par le torrent de boue dans leur appartement au rez-de-chaussée de la résidence Les Terrasses de Cavald'Or.

Les secours et les dégâts

À midi, l'orage était déjà loin, laissant place à des scènes de désolation : véhicules empilés, arbres arrachés, débris. Dans certains établissements, l'eau atteignait 1,60 mètre de hauteur. Les 48 heures suivantes ont vu les sauveteurs et près d'une centaine de bénévoles s'affairer avec raclettes, jets d'eau et sacs-poubelles, au son des groupes électrogènes. La boue était partout, l'émotion vive. Près de 5 millions d'euros ont été engagés par les collectivités (Ville, agglo Porte des Maures, Département, Région, Agence de l'eau, Saur) pour remettre en état les lieux. « Tout a été réalisé mais il reste la question de la station d'épuration. On doit se décider à dix ans pour la consolider, la déplacer ou la supprimer en transférant les eaux usées vers la station de Bormes », détaille Cédric Gourvenec, directeur de cabinet du nouveau maire Bertrand Carletti.

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Un hôtel et deux campings fermés

Un an plus tard, les ponts de mai attirent les premiers touristes, mais des stigmates subsistent. À l'entrée ouest, à l'embouchure du Quicule, la ferraille et les talus écorchés témoignent de la dalle de parking du Surplage Hôtel, affaissée le 20 mai 2025 et détruite en septembre. Le Surplage, avec ses 58 chambres, reste fermé. « On ne rouvrira pas pour la saison 2026 », indique la direction du groupe Dokhan, qui détient l'établissement. L'hôtel fera l'objet d'une réflexion sur son repositionnement, avec l'objectif de devenir un 5 étoiles luxe, moyennant 30 millions d'euros, créant environ 150 emplois. Même ambition à la Villa mauresque, qui rouvrira en 2027 après une réhabilitation visant le « super luxe ».

Pour l'hôtellerie de plein air, seul le camping Les Mimosas (groupe Trigano) a rouvert. Leï Suves et l'Hubac du Bleu, en amont de la rivière, sont fermés. Françoise Zambellini, propriétaire de l'Hubac du Bleu, espère ouvrir en juillet-août si les travaux de sécurité incendie sont finis. « La voirie n'étant pas assurée, on n'a reçu aucune indemnité, mais on va s'en remettre. Je m'accroche à ma colline ! » Son cousin Stéphane Zambellini a vu son camping Leï Suves entièrement dévasté ; il ne rouvrira pas.

Impact sur le commerce local

Au cœur de la station, les commerçants font la moue. « Le Surplage et les campings fermés, ça fait 800 à 1 000 personnes en moins par jour en pleine saison », calcule Julien, gérant du magasin Côte et Soleil, qui avait jeté 600 parasols et une centaine d'objets gonflables à la benne un an plus tôt. « L'été dernier, entre le sinistre, le pont fermé et la baignade interdite, on a bossé deux fois moins. Cette saison a démarré doucement mais on reste confiant. »

Dans l'artère principale, d'autres établissements ont changé de main, comme la supérette Spar ou le restaurant Les Sirènes, devenu Noca après rachat par le propriétaire de La Voile de Cavalière. Trois mois de travaux ont été nécessaires pour remettre sur pilotis une partie de la terrasse arrachée.

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Les Terrasses de Cavald'Or : des réponses attendues

C'est là que s'est produit le pire. Un arrêté municipal et des barrières en interdisent toujours l'accès. Le devenir des 32 appartements est suspendu aux études hydrauliques et de stabilité du bâtiment. « Elles doivent dire s'il faut engager de grands travaux comme des bassins de rétention ou s'il est préférable d'engager l'acquisition des appartements au titre du fonds Barnier », explique Kévin Mazoyer, directeur de projet chargé des programmes d'actions de prévention des inondations. L'État s'est engagé à racheter les appartements du bas, en priorité celui du couple décédé. Un avis favorable a été délivré la semaine dernière. Ulrich et Julie, seuls occupants à l'année, souhaitent vendre. Les gérants du restaurant La Bonne aventure, qui ont eu un enfant, aimeraient tourner la page. « Cet appartement, c'était un projet de vie mais là, on est bloqué car on paie toujours le crédit en plus d'une location. »

Pour les appartements du haut, la mairie a confirmé son intention d'achat. Les conclusions de l'étude hydraulique sont attendues le mois prochain, tout comme l'évaluation par les Domaines du prix des appartements. Mais à partir du 28 mai, un expert judiciaire du tribunal de Toulon entamera ses travaux à la demande de la copropriété. « Il va chercher les faits, leur origine, la responsabilité des collectivités sur le nettoyage du ruisseau et des voisins qui ont réalisé l'enrochement dans le lit de la rivière », assure Jean-Marc Oviste, président de la copropriété. Cette enquête pourrait-elle différer les étapes ? « Cela ne remet pas en cause le calendrier initial », estime Kévin Mazoyer.

Commémoration

Le maire du Lavandou, Bertrand Carletti, anime une cérémonie de commémoration ce mercredi à 11 h 30, près de la mairie annexe, sur les terrains du boulodrome.