L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé de vives inquiétudes quant à une possible flambée de maladies au Venezuela après les récents séismes qui ont frappé le pays. Selon un rapport publié mardi 30 juin, les dommages causés aux infrastructures sanitaires et l'accès limité à l'eau potable pourraient entraîner une recrudescence de pathologies comme le choléra et la dengue.
Des infrastructures sanitaires gravement touchées
Les deux tremblements de terre, de magnitude 6,8 et 7,2, ont endommagé plus de 60 % des centres de santé dans les régions les plus affectées, selon les données de l'OMS. Le Dr. María Neira, directrice du département Environnement, Changement climatique et Santé à l'OMS, a déclaré : « La situation est critique. Nous craignons que les épidémies de maladies infectieuses ne viennent s'ajouter aux souffrances des populations déjà éprouvées par les secousses. »
Risques accrus de maladies hydriques
L'OMS met particulièrement en garde contre le choléra, une maladie diarrhéique aiguë qui peut être mortelle sans traitement. Les coupures d'eau et la contamination des sources d'approvisionnement augmentent le risque de transmission. Au moins 1,2 million de personnes sont privées d'eau potable dans les zones sinistrées, a précisé l'organisation. La dengue, transmise par les moustiques, pourrait également connaître une recrudescence en raison des eaux stagnantes favorisées par les décombres.
Un système de santé déjà fragilisé
Avant même les séismes, le Venezuela connaissait une grave crise sanitaire, avec une pénurie de médicaments et de matériel médical. L'OMS estime que 70 % des hôpitaux des régions touchées manquent d'électricité et de fournitures de base. « Les équipes médicales travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, souvent sans gants ni masques », a souligné le Dr. Neira.
Appel à une aide internationale urgente
L'OMS a lancé un appel aux dons pour financer des équipes d'urgence, des kits d'hygiène et des systèmes de purification de l'eau. Un montant de 15 millions de dollars est nécessaire pour couvrir les besoins immédiats. L'organisation collabore avec les autorités vénézuéliennes pour mettre en place des centres de traitement du choléra et des campagnes de vaccination contre la fièvre jaune et la rougeole.
Prévention et surveillance épidémiologique
Des équipes d'épidémiologistes sont déployées pour surveiller l'apparition de cas suspects. L'OMS insiste sur l'importance de la prévention : « Chaque jour compte pour éviter une catastrophe sanitaire », a conclu le Dr. Neira. Les autorités locales ont déjà signalé une augmentation des cas de diarrhée aiguë dans les camps de déplacés.



