Dans l'Hérault, l'hôpital de la faune sauvage de Laroque, géré par l'association Goupil Connexion, fait face à une saturation sans précédent. Chaque jour, près de 300 appels de détresse parviennent au centre, mais les capacités d'accueil sont dépassées. « On ne peut pas soigner tout le monde », regrette Christine Dussouchet, bénévole depuis cinq mois.
Un afflux massif de martinets victimes de la canicule
En cette période de canicule, les martinets sont particulièrement touchés. Ces oiseaux, vulnérables aux fortes chaleurs, chutent de leurs nids en hyperthermie. « Nous recevons beaucoup d'oiseaux blessés », explique Krystel Le Menez, salariée du centre. Pour garantir des soins de qualité, l'hôpital a dû limiter les admissions à soixante-douze martinets, comme le précise la vétérinaire et fondatrice Marie-Pierre Puech.
Les bénévoles travaillent de 8 heures à 21 heures, rythme soutenu par une chaleur étouffante. Sous la tôle du centre, le mercure atteint 34 degrés, malgré les ventilateurs et brumisateurs. « Il fait chaud », souffle Emilie Verrier, stagiaire. Les pensionnaires – renards, hérissons, tortues, écureuils – souffrent également. Des voiles d'ombrage et des brumisateurs ont été installés, mais certains sont en panne.
Les causes : nids surchauffés et chutes mortelles
Selon Pierre Maigre, président régional de la LPO, les hirondelles et martinets nichent sous les toitures où la température peut atteindre 50 degrés. « Pour survivre, ils quittent les nids, même s'ils ne savent pas encore voler », explique Anne Charmantier, chercheuse au CNRS. La chute provoque souvent des fractures. Une fois au sol, leur plumage noir et leurs longues ailes les empêchent de s'envoler, les rendant vulnérables aux prédateurs.
Les humains les ramènent alors au centre, mais l'afflux est trop important. « On reçoit une quinzaine d'oiseaux par jour, mais on ne peut pas soigner tout le monde… C'est pesant, rageant », déplore Krystel Le Menez. Le taux de survie des oiseaux frôle les 50 %.
Un quotidien épuisant pour les bénévoles
Malgré la fatigue, les soins continuent. Les martinets doivent être nourris quatre fois par jour avec un mélange de steak haché, vitamines et insectes. « C'est une activité technique et chronophage », souligne Christine Dussouchet. Les bénévoles, souvent retraités ou stagiaires, donnent tout. « Mais moi je suis fatigué, je m'en vais », lâche Marie-Pierre Puech en fin de journée.
Le manque de moyens humains et financiers est criant. Pourtant, l'équipe continue d'enregistrer les nouveaux rapaces, de nourrir les pensionnaires et de répondre aux appels. Une lutte quotidienne pour sauver la faune sauvage, malgré la saturation.



