La ville de Toulouse a lancé mardi une nouvelle campagne de lutte contre le moustique tigre, avec les premiers lâchers de moustiques mâles stériles dans le cimetière de Terre-Cabade. Cette expérimentation, menée en partenariat avec la société montpelliéraine Terratis, vise à limiter la prolifération de cet insecte vecteur de maladies comme le chikungunya.
Un dispositif sur 40 semaines
Le dispositif prévoit deux lâchers hebdomadaires pendant quarante semaines, soit environ 200.000 moustiques relâchés sur cette zone arborée de plus de 30 hectares située au cœur de Toulouse. « On va relâcher des moustiques tigres mâles stériles, des mâles qui ne piquent pas », a expliqué Clelia Oliva, présidente de Terratis. Selon elle, ces moustiques transmettent des « spermatozoïdes stériles à la femelle qui ne s’accouple qu’une seule fois dans sa vie » et les femelles concernées « vont pondre des œufs vides, cela permet d’éviter une descendance et donc la prolifération ».
Une approche innovante et complémentaire
La municipalité présente cette méthode comme une solution complémentaire aux autres moyens de lutte déjà utilisés contre cet insecte désormais implanté dans 83 départements métropolitains. « C’est une approche innovante qui a eu de bons résultats, […] des publications scientifiques nous ont indiqué que cette technique était efficace », a déclaré Christophe Privat, directeur des services à la population à la mairie de Toulouse.
Des résultats prometteurs
Déjà testée à Brive-la-Gaillarde et Montpellier, cette méthode aurait permis de réduire de « plus de 50 % » les populations de moustiques tigres dans les zones concernées, selon Terratis. « La deuxième année, on va avoir plus d’impact », avec « de l’ordre de 80 à 90 % de réduction », a ajouté Clelia Oliva. La mairie estime le coût de cette expérimentation à environ 180.000 euros sur deux ans.



