Le réchauffement climatique pourrait exposer des millions de personnes supplémentaires aux morsures de serpents venimeux, selon une étude publiée dans la revue The Lancet Planetary Health. Les chercheurs ont modélisé la répartition géographique de 209 espèces de serpents venimeux dans le monde d'ici 2070, en tenant compte de différents scénarios de changement climatique.
Des serpents en expansion vers de nouvelles zones
Les résultats montrent que, sous l'effet du réchauffement, les habitats de nombreuses espèces de serpents se déplaceront vers les pôles et vers des altitudes plus élevées. Les régions tempérées, comme l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie de l'Est, pourraient voir arriver des espèces jusqu'alors confinées aux zones tropicales. Par exemple, la vipère du Gabon, l'un des serpents les plus venimeux d'Afrique, pourrait étendre son aire de répartition vers le sud de l'Europe.
Des conséquences sanitaires majeures
Les morsures de serpents tuent chaque année entre 81 000 et 138 000 personnes dans le monde, et en handicapent des centaines de milliers d'autres. L'étude estime que le nombre de personnes exposées aux serpents venimeux pourrait augmenter de 30 % d'ici 2070, principalement en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et en Amérique latine. Les pays les plus pauvres, où l'accès aux soins est limité, seront les plus touchés.
Les auteurs de l'étude appellent à renforcer les systèmes de santé dans les régions les plus vulnérables et à former le personnel médical à la prise en charge des morsures de serpents. Ils soulignent également la nécessité de produire davantage d'antivenins, dont la disponibilité est actuellement insuffisante dans de nombreux pays.
Un défi pour la biodiversité
Au-delà de l'impact sur la santé humaine, le déplacement des serpents venimeux pose un défi pour la conservation de la biodiversité. Certaines espèces pourraient entrer en compétition avec les espèces locales, perturbant les écosystèmes. Les chercheurs recommandent de surveiller ces changements et d'adapter les stratégies de conservation en conséquence.
Cette étude met en lumière les conséquences souvent méconnues du changement climatique sur la santé publique et la biodiversité. Alors que les températures continuent d'augmenter, il est urgent de prendre des mesures pour atténuer ces impacts et protéger les populations les plus vulnérables.



