Une équipe de scientifiques a révélé la découverte d'une vaste nécropole de baleines dans les profondeurs de l'océan Indien, à environ 1 000 mètres sous la surface. Cette zone, située au large des côtes de l'Afrique du Sud, contient au moins 30 carcasses de baleines, principalement des baleines à bosse et des rorquals communs. Selon le Dr. Karen Thompson, océanographe à l'Université de Cape Town, "c'est la plus grande concentration de carcasses de baleines jamais observée dans une zone aussi restreinte".
Une découverte fortuite lors d'une mission d'exploration
La nécropole a été identifiée par hasard lors d'une expédition visant à cartographier les fonds marins de la région. Le sous-marin téléguidé "Deep Explorer" a capté des signaux acoustiques inhabituels, menant à l'observation des squelettes éparpillés sur une superficie de 5 kilomètres carrés. Les chercheurs estiment que les carcasses se sont accumulées sur plusieurs décennies, attirées par les courants et la topographie locale.
Un écosystème unique et riche en biodiversité
Les carcasses de baleines, une fois au fond de l'océan, deviennent des oasis de vie. Chaque squelette peut nourrir des communautés de charognards, de poissons et de micro-organismes pendant des années. "Ces nécropoles sont des hotspots de biodiversité, comparables à des récifs coralliens en termes de richesse d'espèces", explique le Dr. Thompson. Les premières analyses montrent la présence de vers osseux, de crabes, de poissons-lanternes et de bactéries spécialisées dans la décomposition des lipides.
Implications pour la recherche et la conservation
Cette découverte offre une opportunité unique d'étudier les cycles de vie des baleines et leur impact sur les écosystèmes profonds. Les scientifiques espèrent comprendre comment ces sites influencent la migration des baleines et les flux de carbone. "Savoir où et pourquoi les baleines meurent en groupe peut nous aider à protéger ces espèces menacées", ajoute le Dr. Thompson. L'équipe prévoit de retourner sur le site pour prélever des échantillons d'ADN environnemental et installer des caméras pour un suivi à long terme.
Un phénomène encore mal compris
Les nécropoles de baleines sont rares et souvent difficiles à localiser. Leur formation est liée à plusieurs facteurs, notamment les routes migratoires, les maladies, ou les collisions avec des navires. Dans ce cas, les chercheurs n'ont pas encore déterminé la cause exacte de la mort des cétacés. "Nous devons analyser les os pour détecter d'éventuelles traces de parasites ou de contaminants", précise le Dr. Thompson. La zone étant éloignée des routes maritimes principales, les collisions sont peu probables.



