Projet de mouillages à Saint-Tropez : entre écologie et craintes de privatisation
Mouillages à Saint-Tropez : écologie vs privatisation

Le projet de zone de mouillage et d’équipements légers (ZMEL) à Saint-Tropez continue de faire débat, entre préservation de l’environnement et craintes de privatisation de l’espace maritime. Après une première phase d’étude, la municipalité a décidé de concentrer le dispositif uniquement sur la baie des Canebiers, afin de protéger la posidonie, une plante marine essentielle à l’écosystème.

Un projet recentré sur les Canebiers

Estimé à près de 3 millions d’euros, le projet de ZMEL a franchi une nouvelle étape. Initialement envisagé sur deux sites, dont la zone du Pilon, il se limitera désormais aux Canebiers. Cette décision fait suite à la phase de diagnostic, qui a permis de mieux comprendre les enjeux du territoire. Jean-Claude Moreu, conseiller délégué aux affaires maritimes et littoral, explique : « Des expertises ont été menées pour une meilleure compréhension du territoire. Les réflexions sur le nombre et le positionnement des bouées, au regard de la fréquentation et de l’étude paysagère, ont conduit à poursuivre l’étude uniquement sur la ZMEL des Canebiers. »

Concertation avec les acteurs locaux

Dans les mois à venir, de nouvelles opérations seront menées, incluant une consultation et une concertation avec les pêcheurs, les transporteurs maritimes, les plaisanciers, la SNSM et les usagers. Une étude juridique et économique est également prévue. « Par la suite, le projet “pro” aura pour objectif de retenir le scénario de dimension de la ZMEL et de préciser son mode de gestion », précise Jean-Claude Moreu.

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L’opposition s’inquiète d’une privatisation

L’opposition municipale, menée par Jean-Baptiste Giordana, a exprimé ses réserves. « Nous sommes opposés à toute logique de privatisation de l’espace maritime public, et la ZMEL en fait partie, en particulier sur la zone des Canebiers. Les grandes institutions de plaisanciers, partout en France, sont contre », a-t-il déclaré. Il a également remis en question la présence de posidonie aux Canebiers et au Pilon, ainsi que la gestion future de l’équipement.

Gestion publique versus délégation

Jean-Claude Moreu a défendu le projet en soulignant ses avantages environnementaux : « Si on a abandonné le Pilon, c’est parce qu’il n’y avait pas d’enjeux environnementaux, vu qu’on est que dans la vase. Pour les Canebiers, la position est de mettre uniquement une ZMEL dans la posidonie et de laisser le mouillage libre dans le sable. » Quant à la gestion, la maire a affirmé que la municipalité n’avait pas l’intention de déléguer le service public, contrairement à ce qui s’est passé à Ramatuelle. « On aura une extension avec le port et ce sera mieux comme ça », a-t-elle assuré. L’opposition a voté contre la délibération.

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