Italie : l'extrême droite manifeste pour la « remigration » à Rome
Italie : extrême droite manifeste pour « remigration » à Rome

Des milliers de militants d'extrême droite, venus de toute l'Italie et d'autres pays européens, ont manifesté samedi à Rome pour réclamer la « remigration », un concept qui prône le retour forcé des immigrés vers leur pays d'origine. Le rassemblement, organisé par plusieurs groupes nationalistes et identitaires, s'est déroulé dans le quartier de l'EUR, sous haute surveillance policière.

Un cortège aux accents radicaux

Les manifestants, brandissant des drapeaux italiens et des symboles d'extrême droite, ont scandé des slogans hostiles à l'immigration et à l'Union européenne. Parmi les organisateurs figuraient des figures connues de la mouvance identitaire, comme le leader de Forza Nuova, Roberto Fiore, et le militant français Pierre Vial. Le défilé s'est achevé par une série de discours appelant à une « Europe des nations » et à la « défense de l'identité chrétienne ».

Une contre-manifestation d'ampleur

En parallèle, plusieurs milliers d'opposants, rassemblés par des associations antifascistes, des syndicats et des partis de gauche, ont organisé une contre-manifestation dans le centre de Rome. Des heurts ont éclaté entre certains contre-manifestants et les forces de l'ordre, faisant plusieurs blessés légers et une dizaine d'interpellations. La maire de Rome, Virginia Raggi, a condamné « toute forme de violence et de haine » et appelé au calme.

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Une polémique politique

Cette manifestation a provoqué une vive polémique dans la classe politique italienne. Le président du Conseil, Giuseppe Conte, a dénoncé « des idées contraires aux valeurs de la République et de la Constitution ». De son côté, le leader de la Ligue, Matteo Salvini, a pris ses distances avec l'événement tout en réaffirmant sa ligne dure contre l'immigration clandestine. Le Parti démocrate et le Mouvement 5 Étoiles ont appelé à une mobilisation citoyenne pour défendre les droits des migrants.

Un phénomène européen

La « remigration » est un thème qui gagne du terrain dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Allemagne et en Autriche, où des mouvements identitaires et des partis d'extrême droite le mettent en avant. Les experts y voient une radicalisation du discours anti-immigration, qui dépasse la simple demande de contrôle des frontières pour réclamer des mesures d'expulsion massives. Cette idéologie, souvent liée à des théories du complot comme le « grand remplacement », est dénoncée par les associations de défense des droits de l'homme comme une menace pour la cohésion sociale.

Une réponse institutionnelle

Le gouvernement italien a annoncé qu'il allait renforcer la surveillance des groupes extrémistes et a promis de prendre des mesures pour empêcher de tels rassemblements à l'avenir. Le ministre de l'Intérieur, Luciana Lamorgese, a déclaré que « la liberté de manifester ne doit pas être utilisée pour propager la haine raciale ou inciter à la discrimination ». Par ailleurs, le Parlement italien devrait examiner prochainement une proposition de loi visant à interdire les organisations qui prônent la « remigration ».

Cette journée de mobilisation a montré les profondes divisions de la société italienne sur la question migratoire, alors que le pays fait face à une augmentation des arrivées par la Méditerranée. Les prochains mois s'annoncent tendus, avec des échéances électorales qui pourraient voir l'extrême droite renforcer son influence.

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