Le rapport de l'Institut Copernicus sur le climat en 2025, publié cette semaine, dresse un constat alarmant pour la planète et particulièrement pour la mer Méditerranée. Selon les données, l'année 2025 a été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée pour la Méditerranée, avec une température moyenne de l'eau en surface atteignant 21,35 °C. Ce chiffre dépasse la normale de 1,03 °C et se situe juste en dessous du record de 2024 (21,5 °C).
Des canicules marines aux conséquences dévastatrices
Les canicules marines récentes ont provoqué des épisodes récurrents de mortalité massive dans les écosystèmes côtiers, selon les auteurs de Copernicus. Les herbiers de posidonie, espèce endémique de Méditerranée, sont particulièrement touchés. On les retrouve en Occitanie sur les côtes agathoise (Hérault) et vermeille (Pyrénées-Orientales). Ils souffrent des différentiels de température et un tiers de leur surface aurait déjà disparu depuis cinquante ans.
Le rôle capital des herbiers de posidonie
Les herbiers de posidonie jouent un rôle essentiel pour l'écosystème marin. Ils servent d'habitat et de nourrice pour de nombreuses espèces de poissons. Surtout, ils stockent le carbone, contribuant ainsi à la régulation du climat. Enfin, ils agissent comme des atténuateurs de houle naturels, ralentissant l'érosion du trait de côte liée à la montée des eaux.
L'Occitanie, un refuge pour la posidonie
Malgré ce tableau sombre, les côtes d'Occitanie offrent des raisons d'espérer. Renaud Dupuy de la Grandrive, directeur du milieu marin à Agde, explique que le golfe du Lion est l'un des endroits les plus froids de la Méditerranée. Le stress thermique affecte donc moins les herbiers de posidonie dans cette région. Parfois, des eaux plus chaudes ont même favorisé leur développement et leur floraison.
D'autres menaces à ne pas négliger
Outre le réchauffement, d'autres facteurs mettent en péril ces prairies marines. La pollution et les ancrages de bateaux mal maîtrisés sont des pressions supplémentaires. Une réglementation plus stricte limite désormais ce risque sur le littoral entre Nice et Perpignan. Cependant, Renaud Dupuy de la Grandrive insiste : « La Méditerranée se réchauffe deux fois plus vite que les autres mers. Le problème majeur reste le changement climatique. Il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre. »



