Débroussaillement à Frontignan : l'arme clé contre les incendies
Débroussaillement à Frontignan : l'arme clé contre les incendies

« Dès que j’entends un bruit de moteur proche de celui d’un Canadair, je dresse l’oreille », confie Didier Laurent, maire adjoint délégué aux risques et à la transition énergétique de Frontignan. Un réflexe renforcé depuis le 1er juillet, date du premier grand incendie de l’été, parti dans le Minervois entre l’Aude et l’Hérault, qui a ravagé près de 1 000 hectares.

Un rappel douloureux de l'incendie de 2024

Cette actualité rappelle à Frontignan l’incendie du massif de la Gardiole en août 2024. De quoi souligner toute l’utilité des obligations légales de débroussaillement (OLD), lancées en campagne nationale dès janvier dernier. La mise en œuvre, théoriquement fixée au printemps, peut démarrer dès l’hiver.

Commune, Département et propriétaires avaient jusqu’à fin juin pour s’exécuter. Cent propriétaires sont concernés à Frontignan, dont la Ville, qui doit débroussailler une quarantaine de chemins communaux. L’agglomération de Sète et le Département doivent en faire autant sur leurs voiries respectives. Le coût du plan municipal pour 2025-2027 est estimé entre 40 000 et 45 000 €.

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Les règles de base du débroussaillement

Le débroussaillage ne signifie pas tout raser. « On ne demande pas aux propriétaires de faire une pelouse de stade de football », plaisante Grégory Pena, garde champêtre de la commune. Il faut couper les herbes hautes au plus ras possible, élaguer certains arbres, espacer les végétaux, supprimer les branches mortes, limiter les broussailles et éviter l’accumulation de feuilles sèches au sol.

Les voies d’accès privées doivent aussi être entretenues, avec un débroussaillement de deux à cinq mètres de chaque côté, afin de laisser passer les secours en cas d’incendie.

Ce que dit la loi

La réglementation impose de débroussailler et de maintenir en état débroussaillé dans un rayon de 50 mètres autour des habitations (extensible à 100 mètres), et sur tous les terrains situés à moins de 200 mètres à partir de l’orée du massif de la Gardiole pour Frontignan. « L’obligation ne s’arrête pas forcément aux limites de sa parcelle. Si le périmètre de 50 mètres autour de votre maison empiète sur le terrain voisin, il faut lui demander l’autorisation d’intervenir », précise Grégory Pena.

Un non-respect qui peut coûter cher

En cas de manquement, une mise en demeure est notifiée. Sans effet, le propriétaire risque une amende de 5e classe pouvant atteindre 1 500 €, voire davantage. « La préfecture peut aussi prendre un arrêté imposant une amende de 50 à 70 € par mètre carré non traité. La facture peut être salée », prévient le garde champêtre. Sans compter les sanctions administratives et la franchise d’assurance majorée. En cas d’incendie, un défaut d’entretien engage aussi la responsabilité du propriétaire.

Quatre propriétaires ont été verbalisés en 2025, aucun cette année. « Depuis l’incendie de 2024, les habitants sont plus sensibles aux risques de feu », observe-t-il.

Limiter la propagation, pas éviter les départs de feu

Ces mesures n’empêchent pas pour autant les départs de feu. « On ne peut pas les éviter, mais on peut limiter leur propagation. Ainsi, en a-t-il été en 2024, car le feu n’a pas parcouru les terrains débroussaillés », relève Didier Laurent.

Face à la multiplication des incendies et à des chaleurs de plus en plus précoces, d’autres pistes sont à l’étude : développement du pastoralisme sur les friches agricoles, mise en place de comités communaux feux et forêts – comme à Villeveyrac, seul exemple dans le bassin de Thau – ou interdiction d’accès du massif en risque élevé.

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