Vague de chaleur précoce : comment protéger son potager ?
Vague de chaleur : protéger son potager en mai

Il n’aura fallu que quelques jours pour passer de l’automne à l’été. Il y a dix jours, la France subissait un temps maussade avec des températures de 5 à 8 degrés sous les normales saisonnières. Une semaine plus tard, le pays croule depuis samedi sous une chaleur étouffante, avec des températures dépassant par endroits les 35 °C et des records de chaleur explosés dans l’Ouest. Cette vague de chaleur précoce et inédite n’est pas terminée : Météo-France prévoit que le mercure pourrait atteindre localement 38 ou 39 °C jeudi dans certaines régions, notamment le Languedoc.

Des potagers mis à rude épreuve

Dans cette fournaise, les humains ne sont pas les seuls à souffrir. En plein mois de mai, période capitale pour les plantations, ces chaleurs accablantes mettent à rude épreuve les potagers. « C’est sûr que cela peut faire des dégâts », reconnaît Frédéric Fortin, animateur en agroécologie et jardinier au sein de l’association Terre et humanisme dans le sud de l’Ardèche.

Prenons l’exemple des tomates, généralement plantées en mai après les Saints de glace, qui marquent la fin des gelées. À peine en terre, les jeunes plants démarrent leur croissance sous un soleil de plomb, ce qui n’est jamais bon signe. « Cela peut entraîner des brûlures au niveau des feuilles », souligne le jardinier, auteur du livre « Adapter son jardin nourricier au changement climatique » paru en mars 2025 chez Actes Sud.

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Des fruits qui peinent à se former

« Par chance », cette vague de chaleur intervient un peu avant la période où les tomates se forment, plutôt à partir de la mi-juin. « De trop fortes chaleurs nuisent à la pollinisation et empêchent le fruit de se former », explique le spécialiste. Les courgettes, qui viennent aussi d’être plantées, sont également vulnérables. « Si elle n’est pas bien arrosée pendant cette canicule, elle va beaucoup souffrir », assure Frédéric Fortin.

Les gestes essentiels pour protéger ses cultures

Ce constat vaut pour presque toutes les plantations. « À cette période de l’année, la plante a besoin d’une température de 15 à 20 °C, idéale pour qu’elle pousse tranquillement et développe ses racines, souligne l’animateur en agroécologie. La chaleur monte ensuite crescendo en juin normalement. Mais avec cette vague précoce, il y a un risque que les plantes chauffent et brûlent. »

Pour les rafraîchir et leur donner à boire, il est conseillé de bien les arroser tous les jours, de préférence le soir, car arroser en pleine journée est peu efficace. Pour protéger son potager de la chaleur, Frédéric Fortin recommande également de pailler le sol avec des tontes d’herbe, du foin ou des feuilles mortes, et d’arroser juste avant. « Cela permet d’emprisonner l’humidité et de préserver la fraîcheur de la terre », explique-t-il.

Ombrage et patience : les clés pour passer la canicule

Frédéric Fortin préconise aussi de couvrir ses plants ou de leur apporter le plus d’ombre possible jusqu’à la fin de l’épisode caniculaire. « On peut mettre un cageot à l’envers au-dessus des betteraves ou des salades pour casser l’excès de rayons de soleil, précise-t-il. Et courant juin, on installe un système d’ombrières avec du bambou, du bois, des canisses ou des voiles d’ombrage pour limiter l’exposition des plantes. »

Enfin, il déconseille de planter en cette semaine caniculaire. « Il vaut mieux attendre que les températures redescendent un peu la semaine prochaine », indique-t-il, reconnaissant que « le temps est fou » en ce moment. Hormis les climatosceptiques, personne ne dira le contraire.

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