Un collectif d'experts internationaux, réunissant scientifiques, économistes et décideurs, lance un appel pressant pour un débat global sur la gestion de l'eau. Dans une tribune publiée par Le Monde, ils soulignent que l'eau, élément vital, est aujourd'hui menacée par le changement climatique, la pollution et une gouvernance inadaptée. Selon eux, 2,2 milliards de personnes n'ont pas accès à une eau potable gérée de manière sûre, et 4,2 milliards souffrent d'un manque d'assainissement adéquat.
Une crise aux multiples facettes
Les auteurs rappellent que la rareté de l'eau touche déjà toutes les régions du monde, avec des conséquences dramatiques sur la santé, l'agriculture et la paix sociale. Ils citent l'exemple des conflits liés à l'eau dans le bassin du Nil, du Tigre et de l'Euphrate, mais aussi en Inde et au Brésil. Le changement climatique aggrave ces tensions en modifiant les régimes de précipitations et en accélérant la fonte des glaciers, qui fournissent de l'eau à des centaines de millions de personnes.
Un appel à une gouvernance renouvelée
Le collectif propose la création d'une plateforme mondiale de dialogue, réunissant États, entreprises, ONG et citoyens, pour définir des principes communs de gestion de l'eau. Ils insistent sur la nécessité de reconnaître l'eau comme un bien commun, et non comme une marchandise. "L'eau ne peut être laissée aux seules lois du marché", écrivent-ils, "elle doit être gérée de manière démocratique et solidaire".
Des solutions concrètes
Parmi les pistes avancées figurent le développement de technologies d'irrigation économes, la réutilisation des eaux usées, la restauration des écosystèmes aquatiques, et la mise en place de tarifs progressifs pour garantir l'accès aux plus pauvres. Les experts appellent également à un financement massif de la recherche sur le cycle de l'eau et à une meilleure intégration des enjeux de l'eau dans les politiques climatiques et agricoles.
Un enjeu de justice sociale
"L'accès à l'eau est un droit humain fondamental", rappellent les signataires. Ils dénoncent les inégalités criantes : tandis que certains gaspillent l'eau pour des usages non essentiels, des millions de femmes et d'enfants passent des heures chaque jour à en chercher. Le collectif appelle les gouvernements à agir d'urgence, avant que la situation ne devienne irréversible. "Nous avons les connaissances et les technologies nécessaires, il manque la volonté politique", concluent-ils.



