Herri Urrats : des milliers de personnes pour la langue basque et le bac en euskara
Herri Urrats : mobilisation pour le bac en basque

La grande fête au soutien de l’enseignement immersif en langue basque a réuni des milliers de personnes autour du lac de Saint-Pée-sur-Nivelle, dimanche 10 mai. La question du bac dans la langue d’apprentissage était au cœur de la mobilisation.

Une fête pour financer un lycée

Dimanche, Herri Urrats réunissait une nouvelle fois des milliers de personnes pour faire la fête et défendre la langue basque. L’événement populaire organisé par la fédération des ikastola Seaska permet chaque année de récolter des fonds pour des projets en lien avec l’enseignement de la langue dans la filière immersive. Cette année, il s’agissait de financer la construction du futur lycée Seaska, à Saint-Palais. Et à quelques semaines du baccalauréat, le droit d’en composer les épreuves en euskara était au cœur des prises de paroles politiques et associatives.

Mobilisation pour le bac en basque

Le collectif Azterketak euskaraz a annoncé « une grande manifestation » devant le rectorat, le samedi 6 juin. Le sujet est sensible et régulièrement remis sur le métier. La sénatrice socialiste Frédérique Espagnac a recours à la métaphore de Sisyphe : « À chaque changement de gouvernement ou de recteur, il faut reprendre ce combat. » La présidente de l’Office public de la langue basque, Maïder Behoteguy, tient les comptes : « Depuis 2022, sept ministres de l’Éducation nationale et six gouvernements. »

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Elle et les parlementaires du Pays basque avaient pourtant senti de l’écoute, le 12 janvier dernier, au ministère. Et quelques mois plus tôt, en mai, le nouveau recteur Jean-Marc Huart était le premier à visiter une ikastola, à Anglet.

Un recul dénoncé

« Depuis, rien n’a avancé », gronde Maite Dubois, au nom d’Azterketak euskaraz. Cette parent d’élève du lycée Etxepare, à Bayonne, pointe même « un recul manifeste », celui acté par la réforme Blanquer en 2019. Avant celle-ci, les futurs bacheliers pouvaient composer l’épreuve de sciences dans leur langue d’apprentissage. Une partie du grand oral aussi. Ce n’est plus le cas, même si le ministre promet « un cadre » pour le bac en langues régionales, mais pas avant la session 2027. Les défenseurs de l’euskara veulent saisir la nouvelle épreuve de français de première, dès 2026, pour débloquer la situation.

Des lycéens prêts à défier

Des lycéens d’Etxepare viennent d’annoncer qu’ils composeraient cette matière en basque, « quelles qu’en soient les conséquences », sont venues affirmer deux lycéennes à la tribune d’Herri Urrats. « Nous défendrons ce qui est juste », posent-elles simplement. Et de rappeler l’article 75-1 de la constitution qui stipule que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». « Quel genre de démocratie est-ce là, qui nous interdit de nous exprimer dans notre langue ? », questionne Erik Etxart, l’un des coprésidents de Seaska. « Nous n’avons entendu aucun argument raisonnable contre ce droit universel. »

Des revendications structurelles

Le représentant fédéral déplore également l’affectation de « zéro poste supplémentaire » aux établissements du réseau, « alors que les effectifs augmentent, notamment dans le secondaire ». Le nouveau président de l’Agglomération Pays basque, Alain Iriart, rappelle qu’avec 20 % de locuteurs, « l’euskara a fait du chemin mais son avenir n’est pas assuré ». Le territoire vise les 30 % de bascophones en 2050. Lui forme le souhait de voir « l’État français présent avec nous ici même, l’année prochaine ».

D’ici là, Azterketak euskaraz, Seaska et leurs soutiens affréteront des bus direction Bordeaux et le rectorat, dans un mois, à quelques jours du début des examens.

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