Arash Nassiri revisite les palais persans de Beverly Hills à Paris
Arash Nassiri : palais persans de Beverly Hills à Paris

La Fondation Pernod Ricard à Paris accueille jusqu'au 30 août une exposition de l'artiste iranien Arash Nassiri. Intitulée « Les Palais de la Mémoire », elle revisite l'architecture des demeures persanes de Beverly Hills, symboles de la diaspora iranienne aisée.

Un voyage entre deux mondes

Arash Nassiri, né à Téhéran en 1984, a grandi entre l'Iran et les États-Unis. Son travail explore les tensions entre l'identité culturelle et l'exil. Dans cette exposition, il s'inspire des palais de style néo-perse construits par des Iraniens exilés à Beverly Hills dans les années 1970 et 1980.

Ces demeures, souvent qualifiées de « Persian palaces », mêlent des éléments traditionnels iraniens comme les arches, les jardins intérieurs et les motifs géométriques, à un luxe ostentatoire californien. Nassiri les reproduit à travers des sculptures, des installations vidéo et des photographies.

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Une critique de l'exil doré

L'artiste ne se contente pas de célébrer ce patrimoine architectural. Il en souligne les paradoxes : l'entre-soi d'une communauté qui reproduit son pays d'origine tout en s'intégrant dans la société américaine. « Ces palais sont des espaces hybrides, à la fois familiers et étrangers », explique-t-il.

L'exposition présente notamment une maquette grandeur nature d'un salon typique, avec des meubles en marbre et des tapis persans, mais aussi des éléments perturbateurs comme des caméras de surveillance ou des barrières de sécurité.

Un dialogue avec l'histoire de l'art

Nassiri dialogue avec l'histoire de l'art occidental, en particulier l'orientalisme du XIXe siècle. Il détourne des tableaux de Delacroix ou de Gérôme en y insérant des motifs contemporains, questionnant ainsi la représentation de l'Orient par l'Occident.

L'exposition est également marquée par une installation sonore : des chants traditionnels iraniens se mêlent à des bruits de circulation californienne, créant une atmosphère dissonante qui reflète le déracinement.

Un regard personnel

Pour Nassiri, cette exposition est aussi autobiographique. « Ces palais, je les ai visités enfant lors de mes séjours à Los Angeles. Ils représentaient pour moi un rêve de richesse et de réussite, mais aussi une forme de nostalgie pour un Iran que je ne connaissais pas vraiment », confie-t-il.

Le commissaire de l'exposition, Jean-Paul Blanchet, souligne : « Arash Nassiri parvient à déconstruire les clichés sur la diaspora iranienne tout en offrant une réflexion universelle sur l'identité et l'appartenance. »

L'exposition est à voir à la Fondation Pernod Ricard, 1 cours Paul Ricard, Paris 8e, du mardi au samedi de 11h à 19h. Entrée libre.

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