Charnier de faisans en Dordogne : l'association Nos Viventia va porter plainte
Charnier de faisans en Dordogne : plainte annoncée

Plusieurs centaines de cadavres de faisans auraient été jetés dans des trous, à l’air libre, sur une exploitation à Val-de-Louyre-et-Caudeau, en Dordogne. L’association Nos Viventia dénonce un non-respect des obligations sanitaires et, au-delà, le modèle de l’élevage d’animaux pour la chasse.

Un éleveur qui ne souhaite pas s'exprimer

« Aucun commentaire. » Le ton est poli mais ferme. Cet éleveur de Val-de-Louyre-et-Caudeau ne souhaite pas s’exprimer après la publication, par Nos Viventia, d’une vidéo montrant « un charnier de cadavres de faisans » sur ses terres. L’association indique, par la voix de son fondateur, l’écologue et activiste animaliste Pierre Rigaux, qu’elle s’apprête à déposer une plainte pour « non-respect des obligations sanitaires ».

Un lanceur d'alerte

Connu pour son combat pour l’abolition de la chasse, Pierre Rigaux a fait le déplacement en Dordogne, sans pénétrer sur l’exploitation, suite « au signalement d’un lanceur d’alerte ». L’association a rassemblé « plusieurs heures de vidéos » réalisées en avril et mai 2026 et « de nombreuses preuves ».

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Joint par « Sud Ouest » ce lundi 25 mai, Pierre Rigaux affirme : « Au moins plusieurs centaines d’oiseaux morts ont été jetés dans des trous. Il y a aussi des œufs, des déchets plastiques. La pratique n’est sûrement pas nouvelle dans cet élevage puisque l’on peut voir des trous rebouchés grâce aux vues par drone. » Et de pointer « un vrai problème sanitaire » et des « risques de contamination » d’autant plus alarmants que l’élevage se trouve dans un secteur durement touché par la grippe aviaire, à l’automne 2025 : « Les trous sont à l’air libre, pas sous des volières. Nous avons par exemple des images montrant des corneilles en train de se nourrir sur les cadavres des faisans. »

Un signalement auprès des autorités

Juste avant ce week-end prolongé de Pentecôte, Nos Viventia a procédé à un signalement auprès des services vétérinaires de la Direction départementale de protection des populations et de l’Office français de la biodiversité. Pierre Rigaux concède que son association n’a que « le seul angle d’attaque sanitaire » pour épingler cette exploitation du Périgord central. Il précise aussi qu’il n’a « rien contre cet éleveur », dont il n’a d’ailleurs pas donné le nom.

« Beaucoup de mortalité » dans la filière du gibier

Plus largement, le militant n’hésite pas à parler « d’hécatombe » dans la filière du gibier. « Pour la reproduction des faisans, un mâle est placé avec plusieurs femelles, dans une cage en ferraille, en plein soleil. Les éleveurs doivent même leur mettre un couvre-bec en plastique pour limiter les blessures mais cela ne suffit pas, il y a beaucoup de mortalité. »

Le militant pointe « l’immense permissivité » des lois françaises en matière d’éthique et de bien-être animal dans les élevages. Et, au-delà, il dénonce tout le système d’élevage destiné à la chasse : « C’est un carnage à tous les niveaux, ça ne sert à rien. Les lâchers de faisans, par exemple, posent un vrai problème : s’ils ne se font pas canarder aussitôt, ils entrent en concurrence avec la faune locale. C’est une sorte de ball-trap vivant. »

Déjà « agressé, malmené » à plusieurs reprises par des pro-chasse, Pierre Rigaux précise : « J’arrive à parler avec des chasseurs qui trouvent ça nul comme pratique. Mais c’est le lobby qui fait bloc. » Nos Viventia a lancé une pétition pour demander la fin de l’élevage d’animaux destinés à la chasse.

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