CBD dans l'Eure : un producteur dénonce une interdiction qui met la filière en danger
CBD dans l'Eure : un producteur dénonce l'interdiction

Dans l'Eure, près du Neubourg, Jérôme Lecoq, agriculteur et secrétaire de l'Association France Cannabis (AFC), tire la sonnette d'alarme. Depuis le 15 mai, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a interdit la vente de tous produits alimentaires contenant du CBD, en application du règlement européen Novel Food. Une décision qui met en péril toute une filière agricole naissante, selon lui.

Une interdiction qui frappe les produits naturels comme synthétiques

Le CBD, extrait du chanvre, est reconnu pour ses bienfaits sur le stress, l'anxiété, le sommeil ou la douleur. Les produits au cannabidiol non médical, contenant moins de 0,3 % de THC, étaient jusqu'alors vendus librement. L'interdiction concerne les infusions, miels infusés, huiles sublinguales ou culinaires, bonbons, chocolats, boissons... autant de produits de bien-être consommés par un large public, notamment des seniors.

Jérôme Lecoq dénonce un cadre trop rigide qui amalgame fleurs, feuilles et molécules de synthèse. « La Novel Food vise à protéger les consommateurs des nouveaux aliments sans historique avant 1997. C'est bien, mais pour le CBD, c'est complexe : il existe du naturel consommé depuis des millénaires et du synthétique fabriqué à l'étranger. Nous aimerions que l'État fasse la chasse aux molécules de synthèse », explique-t-il.

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Un coût d'accès au marché prohibitif

Pour obtenir une dérogation, il faut investir plus de 60 000 euros par référence dans des laboratoires. Sur 200 dossiers déposés, aucun n'a été approuvé. L'AFC craint un monopole de fait. « Le marché du CBD pesait 600 millions d'euros en 2025 et devrait atteindre 1 milliard en 2026. Les petits producteurs doivent en obtenir une part », insiste Jérôme Lecoq.

Des pertes économiques importantes

Pour l'exploitant eurois, qui avait investi dans une bière et une huile sublinguale, l'interdiction représente une perte de chiffre d'affaires de 30 à 40 %. Heureusement, les fleurs à fumer, les e-liquides et les produits cosmétiques restent autorisés. L'AFC propose de travailler avec le gouvernement pour créer un cadre clair : « séparer le naturel des molécules de synthèse, protéger le public. Nous sommes prêts à collaborer. C'est toute une filière agricole qui est en danger. »

Une résistance juridique s'organise

Selon un sondage interne de l'AFC, la majorité des producteurs ont décidé de maintenir leurs produits en vente. « Les contrôles ne pourront pas couvrir toute la filière, et juridiquement, il n'y a pas de nouvelle loi interdisant ces produits. C'est bancal devant les tribunaux. Nous avons des avocats pour défendre notre filière », conclut Jérôme Lecoq.

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