Bain sonore à Paris : immersion dans une séance de gong bath
Bain sonore à Paris : immersion dans une séance de gong bath

« Si quelqu’un ronfle, mettez-lui une main sur l’épaule. » Entièrement vêtue de blanc, Sylvana se tient assise en tailleur face à un public majoritairement féminin allongé sur des matelas marron. Oreillers, couvertures, coussins pour les pieds… Tout est fait pour se sentir comme à la maison. Certaines participantes portent même un masque de sommeil, d’autres sont venues en pantalon de pyjama.

Nous ne sommes pas en classe business dans un avion d’Air France mais dans les locaux parisiens de Zen and Sounds. Au programme : une séance d’une heure et quart de gong bath, ou « bain sonore », moyennant 32 euros. À l’occasion de la journée mondiale du bien-être samedi, on a voulu tenter l’expérience.

Des vibrations sonores

« La sonothérapie est une technique de relaxation par le son », explique Sylvana, devant la dizaine de participants composée pour moitié de débutants. Autour d’elle sont disposés 17 gongs en bronze et une multitude de bols tibétains. « Leurs bruits créent des vibrations sonores qui vont faire bouger les liquides de notre corps, permettre un lâcher-prise corporel et mental et réharmoniser nos chakras », avance la sonothérapeute.

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Pour le lâcher-prise, je dis oui, mais en ce qui concerne la réorganisation de mes chakras, je suis plus dubitative. Si ces mécanismes ne sont pas validés par les recherches scientifiques actuelles, je décide tout de même de m’allonger et de fermer les yeux.

Une chorégraphie bien orchestrée

Les premiers sons, agréables, s’apparentent à des cloches. J’imagine les cerfs du Père Noël en train de tirer leur traîneau. Il ne manque plus qu’une brioche à la cannelle pour me sentir vraiment bien. J’aurais peut-être dû prendre un petit-déjeuner plus copieux avant de venir. Allez, on se reconcentre.

Au fur et à mesure, les sons se font de plus en plus graves, intenses et perturbants. J’ai l’impression qu’un hélicoptère est en train de s’approcher et je me demande si Sylvana n’est pas en train de nous la faire à l’envers en mettant une playlist. Intriguée, je ne peux m’empêcher d’ouvrir un œil. La sonothérapeute enchaîne les frappes sur les différents gongs, avec une intensité et un rythme variés. Je dois reconnaître que c’est impressionnant. Je referme les yeux et j’ai maintenant l’impression de voir des chevaux galoper dans une forêt en pleine nuit. Promis, je n’ai pris aucun produit illicite.

Une ambiance à la Sirāt

Au bout de 20 minutes, je n’arrive pas à me réchauffer alors je remonte la couverture jusqu’à mon menton et je glisse mes mains sous mes fesses. Il faut que j’arrête de penser à autre chose et que je me détende. Un souffle commence à se faire entendre dans la grande pièce. On esquisse un sourire avec mon voisin de gauche mais, évidemment, personne n’ose réveiller ledit ronfleur. Après tout, il a réussi à lâcher prise lui.

La pièce plonge ensuite dans une autre dimension. Des basses profondes, lourdes et répétitives commencent à résonner. Brunehilde, ostéopathe venue avec son compagnon, est « partie loin ». Elle fait un rapprochement avec « les sons que l’on entend dans l’espace » et se croit « dans un film de science-fiction ». De mon côté, j’ai l’impression d’écouter la bande-son du film Sirāt. Même ressenti que dans la salle de cinéma il y a quelques mois : l’expérience est intéressante mais loin d’être agréable. Raphaël, le compagnon de Brunehilde, lui aussi dit avoir ressenti des « moments d’inconfort » face à des « bruits de souffrance ». Un bon signe selon son amoureuse : « c’est que c’est en train de régler quelque chose, un peu comme si on se faisait réaccorder. » Vu mon ressenti, je me dis qu’il y a beaucoup de choses à régler chez moi.

Gros dodo et bâton de pluie

La chair de poule n’ayant pas quitté mes avant-bras, je craque et me lève pour aller chercher une deuxième couverture. Allez. On se détend. Au bout d’un moment, sans comprendre vraiment ce qu’il s’est passé, je me réveille. Combien de temps ai-je dormi ? Mystère. Mais l’environnement sonore est plus mélodieux. Un bâton de pluie berce mes oreilles et c’est déjà fini.

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Verdict : pour moi, l’expérience a davantage pris la forme d’une performance sonore immersive que d’un pur moment de relaxation. Mais ce n’est pas le cas d’Aurore, 26 ans, qui s’hydrate après la séance. « Je travaille dans le commerce sur les Champs-Élysées et je suis très drainée par l’énergie des autres donc venir ici régulièrement m’apaise. » Elle le reconnaît, son père étant naturopathe, elle baigne dans le milieu depuis son plus jeune âge. Le mien travaillait dans un bureau à la Défense.