Un réalisateur passionné au cœur du Tour
Anthony Forestier est le réalisateur du signal international du Tour de France, diffusé sans interruption dans 190 pays. Il a effectué la reconnaissance de l'étape Périgueux-Bergerac en janvier, après avoir débuté son Tour dès novembre 2025, quelques jours après l'officialisation du parcours le 23 octobre. Depuis, il a parcouru 3 333 kilomètres. « Je fais le parcours dans son intégralité et je m'arrête dès que je vois quelque chose qui m'intéresse », explique-t-il. Cet homme de l'ombre a pour mission de mettre en valeur les richesses de la France à l'international. Loin d'être une contrainte, cette tâche le comble de bonheur. « L'étape Périgueux-Bergerac est dingue, elle est magnifique. J'ai hâte de la filmer, ça va être incroyable », s'enthousiasme le successeur de Jean-Maurice Ooghe.
Une connaissance intime du terrain
Originaire du Limousin voisin, Anthony Forestier connaît bien la région. « Cet endroit me parle, je suis déjà venu souvent. Il y a des passages obligés et d'autres plans dingues. Je ne peux même pas vous dire tout ce que l'on va faire, il y a tellement de choses », confie-t-il. Son road-book, ou livre de route, s'est considérablement enrichi depuis sa reconnaissance effectuée en janvier. « J'aime m'arrêter dans un petit restaurant, boire un café dans un village. Je tombe toujours sur quelqu'un qui va me raconter son endroit secret, son bon coin. C'est peut-être anecdotique, mais pour moi, c'est ça le Tour de France », analyse-t-il.
Équilibrer sport et patrimoine
Sa ligne directrice est la même que celle des commentateurs sportifs : satisfaire les passionnés de cyclisme tout en faisant découvrir les merveilles patrimoniales du pays à un public plus large. « La priorité sera toujours donnée au vélo », insiste Anthony Forestier. Il développe : « Nous sommes là pour retransmettre une course cycliste qui permet de faire découvrir la France. Il ne faut surtout pas tomber dans le schéma inverse. Une chute de Pogacar aura toujours la priorité sur un château du Périgord. Je pense que les gens qui regardent pour le patrimoine ne sont pas à 5 minutes près. »
Une logistique impressionnante
L'équipe d'Anthony Forestier déploie une panoplie de caméras, régies, satellites, hélicoptères, motos et drones. « Entre 150 et 200 personnes graviteront autour de moi. Les machinistes installeront l'équipement dès le matin, puis les preneurs de sons et les cameramen prendront la suite. Sans compter la direction de production… Certaines personnes travaillent toute l'année pour le Tour de France afin que le Jour J, tout cela fonctionne », détaille-t-il.
La stratégie hélicoptère
La « stratégie hélicoptère » a été peaufinée. « On s'autorise un écart de 5 kilomètres à gauche et 5 kilomètres à droite du tracé », explique le réalisateur. Des exceptions existent : « Les hélicoptères décollent et vont re-fiouler à un autre endroit. On essaye de leur concevoir un parcours malin, en rentabilisant au maximum les déplacements. Cela nous permet de filmer d'autres monuments. » Le château de Hautefort, situé à une quinzaine de kilomètres du parcours, figure ainsi dans son road-book.
Le drone pour des détails uniques
« C'est l'avantage des hélicoptères. Ils volent à 250 km/h et tiennent deux heures. Un drone, c'est 10 minutes », contextualise le quinquagénaire. Il compte toutefois utiliser les drones pour des plans rapprochés : « La stratégie drone n'a pas encore été déterminée mais il y a des incontournables, notamment la carte postale de la ville d'arrivée, Bergerac. »
La météo, seul imprévu
Le seul grain de sable susceptible de gripper la mécanique est la météo. « On va espérer qu'il ne pleuve pas toute la journée », s'amuse le réalisateur. Dans ce cas, les drones ne pourraient pas voler. Mais la fête populaire ne sera pas gâchée. « Les gens attendent ça avec tellement d'impatience… Je pense notamment aux agriculteurs, qui réalisent de grandes fresques. On essaye de contenter tout le monde mais ce n'est pas toujours simple. Il y a les prévisions du road-book et toutes les choses que l'on filme alors que ce n'était pas au programme », indique-t-il.
Projection le 11 juillet
Anthony Forestier réalise chaque étape depuis la ville d'arrivée, dans le car-régie. « Hélas, je suis monté une seule fois dans l'hélicoptère à l'occasion d'une liaison », taquine-t-il. Il pilote le signal international distribué à 190 pays en continu. Le résultat de son travail sera visible le 11 juillet, lors de l'étape Périgueux-Bergerac.



