De nouvelles études scientifiques renforcent les connaissances sur les effets délétères de l'alimentation ultra-transformée. Selon trois études de l'Inserm publiées dans les revues Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal, la consommation de colorants alimentaires est associée à un risque accru de diabète de type 2 (+38 %), de cancer (+14 %) et de cancer du sein (+21 %, voire +32 % après la ménopause). Les conservateurs comme le sorbate de potassium (E202) et l'acide citrique (E330) augmentent le risque d'hypertension de 24 % et celui de maladies cardiovasculaires de 16 %.
Des résultats alarmants
Ces travaux, menés par Sanam Shah et Anaïs Hasenböhler sous la supervision de l'épidémiologiste Mathilde Touvier, ont analysé les données d'une cohorte française de plus de 100 000 personnes suivies depuis 2009. Bien que ces études n'établissent pas de lien de cause à effet direct, elles s'ajoutent à un large corpus de preuves. Mathilde Touvier souligne que, sur 104 études mondiales examinant les liens entre aliments ultra-transformés et santé, 93 montrent des effets délétères cohérents.
Appels à l'action
Pour la chercheuse, il est désormais nécessaire d'agir en santé publique. Elle recommande une réévaluation de la sécurité des additifs, voire l'interdiction de certains colorants qui ne servent qu'à rendre les produits plus attractifs. L'ONG Foodwatch estime que ces études doivent provoquer un électrochoc politique et appelle à interdire les additifs les plus controversés, comme les nitrites et l'aspartame.
Vers un Nutri-score obligatoire
En France, une proposition de loi soutenue par huit groupes politiques sur onze à l'Assemblée nationale vise à rendre obligatoire le Nutri-score, un étiquetage nutritionnel de A à E. Les entreprises refusant de l'afficher paieraient une taxe de 2 % sur leur chiffre d'affaires français, affectée à l'Assurance maladie. Selon un rapport du Sénat, les maladies liées à la mauvaise alimentation coûtent 11,7 milliards d'euros par an à l'Assurance maladie, soit la moitié de son déficit, tandis que 17 % des adultes français sont obèses.



