Relooted : quand le jeu vidéo devient un acte de restitution virtuelle
Provoquera-t-il une prise de conscience collective ? Depuis son lancement sur les grandes plateformes le mardi 10 février 2026, le jeu vidéo Relooted crée le débat en rendant virtuellement justice au patrimoine africain. Développé par le studio sud-africain Nyamakop, ce titre d'action met en scène des braqueurs qui « récupèrent » des objets d'art spoliés dans des musées occidentaux, comme le rapporte France Info.
Un thriller historique au ton volontairement politique
Les joueurs incarnent une équipe menée par la professeure Grace, experte en art africain. La bande-annonce pose d'emblée la question centrale : « Est-ce du vol que de récupérer des objets volés ? » Cette approche assume un ton clairement politique et plonge les gamers dans une atmosphère de thriller historique.
L'objectif du jeu est de réunir 70 artefacts destinés au musée des Civilisations noires de Dakar, une institution bien réelle. Parmi ces trésors virtuels figurent :
- Les célèbres bronzes du Bénin
- Un tambour sacré kényan
- Le crâne de Broken Hill, découvert en Zambie mais exposé à Londres
Réparer un outrage historique
Les concepteurs insistent sur le fait que Relooted ne pousse pas au vol, mais cherche à ouvrir le débat sur la restitution d'un patrimoine colossal. Selon diverses estimations, plus de 80 % des trésors africains ont quitté le continent. En France, un rapport commandé en 2018 par Emmanuel Macron révèle que près de 90 000 objets provenant d'Afrique subsaharienne se trouvent dans des musées nationaux.
Une percée majeure pour le gaming africain
France Info souligne que Relooted s'inscrit dans la montée en puissance du jeu vidéo sur le continent africain. Il marque une avancée historique puisqu'il s'agit du premier jeu africain édité sur une console Nintendo. « L'Afrique veut raconter ses propres histoires », résume le personnage de Grace, symbole d'un continent qui reprend la parole… et son patrimoine.
Ce jeu vidéo engagé témoigne ainsi d'une nouvelle forme de narration interactive, où le divertissement devient un vecteur de réflexion sur des enjeux patrimoniaux et historiques cruciaux pour l'Afrique contemporaine.