Tensions à Montpellier : taxis et Métropole en désaccord sur l'accès aux voies de tramway
Montpellier : taxis et Métropole en désaccord sur voies de tram

La circulation des taxis sur les voies de tramway à Montpellier ravive les tensions entre la profession et la Métropole. Alors que les chauffeurs redoutent une perte d'accès au centre-ville, essentielle à leur activité, la collectivité assure que la réglementation n'a pas évolué et qu'aucune interdiction nouvelle n'a été instaurée.

Les taxis dénoncent une menace pour leur activité

"Si on nous interdit vraiment les voies de tramway, on ne pourra plus travailler", s'alarme un chauffeur devant la gare Saint-Roch. Depuis plusieurs jours, la profession dénonce une remise en cause de son accès à certaines portions du réseau, indispensable pour rejoindre le centre-ville, les hôtels ou les hôpitaux. "On se sert des rails parce que c'est vital pour notre activité", explique Younes. Son collègue Jean-Luc redoute une explosion des temps de trajet : "Sans les voies de tram, c'est impossible. Les prix et les durées des courses vont être multipliés par deux."

Les chauffeurs craignent également des difficultés pour transporter les personnes âgées ou à mobilité réduite jusqu'au cœur de ville. Le président d'un syndicat de taxis, Frédéric Benito, évoque une situation devenue illisible : "Il y a un véritable flou. On ne peut pas, mais on les emprunte tous les jours." Selon lui, les chauffeurs s'exposeraient désormais à des contraventions de 135 euros et à un retrait de quatre points. "Les taxis ont peur", affirme-t-il, allant jusqu'à menacer : "S'ils nous l'interdisent vraiment, on va bloquer la ville."

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La Métropole réfute toute interdiction nouvelle

La collectivité réfute cependant toute interdiction nouvelle. Elle rappelle que les règles d'accès aux voies de tramway sont les mêmes depuis plusieurs années et relèvent d'une réglementation nationale placée sous le contrôle du Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG).

La Métropole distingue trois catégories de voies empruntées par le tramway. La plus répandue est le site propre, où le tram circule sur une plateforme entièrement réservée, sans aucun autre véhicule admis sauf autorisation exceptionnelle. Le site banalisé correspond à une circulation en voirie classique, où le tram partage la chaussée avec les voitures, bus ou deux-roues. Enfin, les sites partagés, parfois appelés "mixtes", autorisent certains usagers à emprunter la plateforme grâce à des arrêtés spécifiques, comme les taxis sur plusieurs tronçons du centre-ville (avenue de Lodève, rue de Maguelone, faubourg de la Saunerie, rue André-Michel).

Un plan de circulation spécifique pour les taxis

Selon la Métropole, c'est cette distinction entre les catégories de voies qui alimente les incompréhensions. L'ouverture de la ligne 5 n'a pas modifié le cadre juridique mais a conduit à renforcer la vigilance sur les secteurs les plus fréquentés, notamment entre Gambetta et Saint-Éloi. Un plan de circulation spécifique pour les taxis a été arrêté après plusieurs réunions avec les organisations professionnelles entre 2023 et 2025. Les itinéraires réservés aux taxis permettent de relier les gares aux hôpitaux sans emprunter les sections interdites.

Frédéric Benito reconnaît que certains tronçons peuvent être interdits "pour des raisons de sécurité", mais juge incohérente une limitation plus large. Il affirme que certaines stations de taxis ne seraient plus accessibles sans emprunter les voies du tramway, entraînant des détours pénalisants.

Une réunion technique annoncée à la rentrée

La Métropole assure rester "dans une démarche permanente d'évaluation" depuis la mise en service de la ligne 5. Une réunion technique est annoncée à la rentrée pour dresser un premier bilan avec les représentants de la profession. En attendant, chacun campe sur ses positions : les taxis dénoncent une menace pour leur activité, tandis que la collectivité assure n'avoir fait qu'appliquer un cadre réglementaire déjà existant.

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