Un rêve d'enfance enfin réalisé pour Gaspard Faugeron
La station de pilotage de Toulon retrouve son effectif complet de six pilotes avec l'arrivée de Gaspard Faugeron. Ce marin toulonnais de 35 ans a été recruté à l'issue du concours organisé du 24 au 26 mars dernier, clôturant une attente de douze années.
Une vocation précoce et inébranlable
« Aussi loin qu'il s'en souvienne, Gaspard Faugeron a toujours voulu être pilote maritime », et spécifiquement à Toulon, le port qui l'a vu naître. Fasciné depuis l'enfance par les pilotines, ces vedettes noires et blanches filant sur la rade, il n'a jamais dévié de son objectif.
Son parcours témoigne d'une détermination exceptionnelle : « Pendant des années, j'ai régulièrement rendu visite aux pilotes de Toulon, me renseignant sur la fréquence des concours, les conditions. Je n'ai jamais dévié de ma route », confie-t-il. Une persévérance d'autant plus remarquable qu'il a dû patienter douze ans entre ses études à l'École nationale de la marine marchande et les six années de navigation effective requises.
Un concours obtenu de justesse
Sa patience a finalement été récompensée, mais non sans obstacles. À deux mois près, Gaspard Faugeron risquait de dépasser l'âge limite pour s'inscrire au concours. « On a dû demander une double dérogation à la préfecture », explique Nicolas Marçais, président de la station toulonnaise, précisant que le second candidat manquait également un peu de temps de navigation.
Actuellement en période de formation, le nouveau pilote ne sera officiellement nommé que le 1er mai prochain. « Pour l'heure, je suis encore en doublon. Le 30 avril, la commission de formation décidera quel type de navire et dans quelles conditions de vent je peux piloter seul », indique-t-il avec humilité.
Une solide expérience maritime
Gaspard Faugeron possède pourtant un parcours impressionnant dans la marine marchande. Pendant cinq ans, il a navigué au long cours à bord des porte-conteneurs géants de CMA-CGM, troisième compagnie de transport maritime mondiale. Il a notamment servi sur le Jules Verne (396 mètres) et l'Amerigo Vespucci (365 mètres).
Conscient d'avoir « une très bonne place » chez CMA-CGM, il a choisi de rejoindre Corsica Linea pour multiplier ses expériences et se rapprocher des pilotes. « Avec quinze jours de navigation pour quinze jours de repos, ce nouveau rythme s'est avéré plus adapté à la préparation du concours », justifie-t-il.
Un métier d'une richesse exceptionnelle
Le pilote doit maîtriser une zone de compétence étendue, « entre le Bec de l'Aigle et le cap d'Antibes », nécessitant la connaissance de tous les amers, mouillages, arrêtés préfectoraux et réglementations. Mais la récompense est à la hauteur des efforts.
« Je ne suis on ne peut plus heureux d'avoir réussi le concours et de vivre à nouveau à Toulon », s'enthousiasme Gaspard Faugeron. Cette joie s'explique aussi par la variété quotidienne du métier, qu'il découvre avec émerveillement : manœuvres d'accostage de paquebots luxueux comme le Seven Seas Splendor (220 mètres), transferts de yachts privés, ou préparation de barges pour le dragage du port.
Des perspectives d'activité prometteuses
Selon Nicolas Marçais, « le chantier des infrastructures d'accueil du porte-avions de nouvelle génération promet un surcroît d'activité » pour la station de pilotage. Une perspective qui réjouit le nouveau pilote, dont le sourire ne ment pas : après douze ans d'attente, le jeu en valait vraiment la chandelle.



