112 km de bouchons cumulés sur l'A8 en cinq jours dans les Alpes-Maritimes
112 km de bouchons cumulés sur l'A8 en cinq jours

Entre le 2 et le 10 juin, les informations trafic relayées par le Département des Alpes-Maritimes font état de 112 kilomètres cumulés de bouchons sur l'autoroute A8. Cette situation s'explique par la très forte fréquentation de l'axe, mais aussi par une série d'incidents, parfois mineurs, survenus aux heures de pointe.

Un début de mois de juin noir sur l'A8

L'A8 est l'un des axes les plus fréquentés de France, reliant la France à l'Italie et traversant le Var et les Bouches-du-Rhône. Elle voit passer 18 à 22 millions de véhicules par an, dont jusqu'à 2 millions de camions, et jusqu'à 140 000 véhicules par jour sur certaines sections autour de Nice. Les données communiquées par le Département des Alpes-Maritimes via Escota sont sans appel : entre le 2 et le 10 juin, 112 kilomètres de bouchons cumulés ont été totalisés, concentrés principalement sur l'axe reliant l'Italie à la France dans la zone Nice-Antibes.

Des dizaines de kilomètres de ralentissements quotidiens

La journée du mercredi 10 juin 2026 a été particulièrement difficile, avec un pic de 19 km de bouchon dans le sens Italie/France entre Nice-Saint-Isidore (sortie n°52) et Mougins (sortie n°42). Ce même jour, 14 km de ralentissements étaient enregistrés dans l'autre sens (France/Italie) entre Antibes Ouest (n°44) et Nice Ouest (n°50). La situation était similaire les jours précédents : lundi 8 juin, deux bouchons majeurs étaient signalés dans le sens Italie/France (11 km et 14 km) entre la barrière de péage de Nice Saint-Isidore et Antibes Est (n°44). Dans l'autre sens, 14 km de bouchon étaient signalés entre Mougins (n°42) et Nice Ouest (n°50). Les jeudi 4 et vendredi 5 juin ont connu des bouchons successifs de 14 km puis 11 km en direction de l'Italie entre Antibes Ouest et Nice Ouest. Le 2 juin, 15 km de bouchon étaient déjà enregistrés en direction de l'Italie.

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Accidents, pannes et grève SNCF pour expliquer les bouchons

Interrogé, le gestionnaire de l'A8, Escota (groupe Vinci Autoroutes), explique que la multiplication des incidents, même mineurs, est la principale cause de ces perturbations, surtout lorsqu'elles surviennent durant des périodes de fort trafic. « La neutralisation d'une seule voie de circulation, nécessaire pour sécuriser les lieux et permettre l'intervention des équipes de secours, des dépanneurs et des forces de l'ordre, entraîne une perte d'environ un millier de véhicules par heure, un chiffre qui double si deux voies sont immobilisées », explique le gestionnaire. « Le temps d'intervention, même pour un incident mineur, est incompressible et peut s'allonger en fonction de la gravité (prise en charge d'un blessé par les pompiers, constatations par la gendarmerie, évacuation des véhicules). »

Les exemples d'événements se sont multipliés ces derniers jours. Pour la journée du mercredi 10 juin, Escota liste « plusieurs véhicules en panne, des petits accrochages, un accident de moto avec un blessé au tunnel borne romaine à l'heure de pointe matinale vers l'Italie, et un véhicule en feu à Villeneuve-Loubet en fin d'après-midi en direction d'Aix-en-Provence. Une hausse de trafic a également été observée ce jour-là en raison d'un report de trajets ferroviaires vers la route, lié à la grève nationale de la SNCF. » C'était aussi le cas le mardi 9 juin. En début de semaine, le lundi 8 juin, « c'est un bus en panne à Villeneuve-Loubet et un accident impliquant une voiture, un poids lourd et un fourgon sur le secteur entre Villeneuve-Loubet et Saint-Laurent-du-Var qui a généré des embouteillages », fait savoir le gestionnaire.

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Escota appelle à la prudence et à l'entretien des véhicules

L'exploitant de l'A8 pointe deux problématiques majeures dans ces incidents : l'entretien des véhicules et le comportement des conducteurs. « Les pannes de véhicules sont une cause fréquente de bouchons, surtout en période de forte chaleur comme ces derniers jours, et sont souvent dues à un défaut d'entretien en amont. » Quant aux accrochages, Escota insiste sur le fait que l'A8 requiert un « très bon partage de la route entre les conducteurs » basé sur une attention de tous les instants, le respect du code de la route et du fair-play. L'opérateur rappelle les consignes fondamentales : « Respecter les distances de sécurité, utiliser les clignotants, éviter les changements de file intempestifs et surtout, anticiper en regardant loin, sans se laisser distraire par un téléphone ou une vidéo. » En effet, « tout événement, même mineur, à la mauvaise heure, va générer une perturbation du trafic ». Et d'ajouter : « Les équipes d'Escota, considérées comme étant parmi les meilleures en France pour gérer un secteur aussi chargé, s'engagent au quotidien avec les pompiers, forces de l'ordre et dépanneurs, pour rétablir les conditions de circulation le plus rapidement possible. » Escota appelle aussi à la vigilance quant aux obstacles qui sont parfois ramassés sur l'autoroute : « Ce sont des interventions mineures mais qui impactent le trafic et qui sont majoritairement dues à des défauts d'arrimage. Même si nous intervenons rapidement, avec ou sans neutralisation de voies, cela peut perturber la circulation souvent déjà dense. »