Si la météo vient gâcher quelque peu l’activité touristique, les manifestations permettent aux stations d’assurer une fréquentation satisfaisante. Le vent et les températures fraîches perturbent le week-end de l’Ascension, traditionnellement un temps fort du début de saison pour les professionnels du tourisme. Néanmoins, grâce à des rendez-vous festifs, sportifs ou culturels, les effets sont fortement atténués, notamment à Gruissan et Leucate.
Gruissan et Leucate : des événements fédérateurs
Dans la cité audoise de Gruissan, l’organisation du traditionnel Défi Wind, le rendez-vous annuel des passionnés de windsurf et de kitesurf, attire un afflux important de visiteurs. « Nous avons 50 000 personnes sur la semaine, cela crée de l’animation et il est très difficile de se loger », explique Nelly Bois, directrice de l’office de tourisme de Gruissan. La fréquentation « devrait, ce week-end, dépasser les +20 % de fréquentation mensuelle » observée lors du week-end de l’Ascension de 2025.
À Leucate, c’est Sol y Fiesta, une manifestation dédiée aux arts de la rue, qui permet de contrebalancer la météo. « On craignait la météo pour ce week-end, surtout la pluie, mais à part le vent, ça se passe bien », confie Kamel Bennaoum, directeur de l’office de tourisme. Sur la semaine, le niveau de remplissage de l’hébergement professionnel dans la station balnéaire est en hausse de 6,3 %. « C’est important car on ne peut pas comparer le jeudi de l’Ascension 2026 avec celui de 2025, qui était beaucoup plus tard dans le mois », insiste-t-il. Le taux d’occupation hôtelier atteint 20 % pour ce week-end, dans une station qui compte 80 000 lits au total. « Cela représente 16 000 lits occupés, c’est bon pour cette saison, c’est un chiffre plutôt de début juin. C’est d’autant plus satisfaisant que les vacanciers n’en sont pas encore à aller à la plage ».
Arrière-pays : une situation contrastée
Dans l’arrière-pays, les avis sont plus mitigés. Ariane Gandon, qui propose quatre chambres d’hôtes à Laval-Saint-Roman dans l’extrême nord du Gard, déclare : « Je ne suis qu’à 50 % de mes capacités d’hébergement. La météo est pour nous un facteur défavorisant ». Elle a fait le choix de ne pas passer par les plateformes traditionnelles pour ses réservations, mais note que la « tendance actuelle » de la « réservation de dernière minute » est parfaitement compatible avec son activité. Elle espère une meilleure fréquentation sur le seul week-end.
Lionel Maury, président du Club hôtelier de Nîmes qui regroupe une quarantaine d’établissements, observe : « Dans mon établissement, il me restait, mercredi soir, à la veille du long pont, 23 appartements non réservés sur un total de 70. Ce soir (vendredi soir), je suis complet ». Il souligne que les réservations de dernière minute sont une conséquence de la baisse du pouvoir d’achat : « Même si on a des réservations, on voit que les clients font attention à leur portefeuille ».
Nîmes sauvé par la clientèle étrangère
Les hôteliers nîmois restent néanmoins satisfaits grâce à la clientèle étrangère. « Leur fréquentation est en hausse de 2 %, alors que la clientèle française est en baisse de 2 % », note Lionel Maury. Du côté des Gîtes de France, la tendance est plutôt inverse. Delphine Aigoin, directrice de l’agence de réservation pour le Gard, explique : « Nous constatons de plus en plus des réservations de personnes de proximité, que ce soit au sein même du département, par exemple des Gardois habitants le sud du département vont partir quelques jours en Cévennes ».
Ainsi, ce week-end de l’Ascension 2026 illustre les contrastes du tourisme régional, entre événements fédérateurs et météo capricieuse, entre clientèle locale et étrangère.



