Saint-Louis à Sète : j'ai servi derrière un bar à quai au Korner
Saint-Louis à Sète : servir derrière un bar à quai

Pour la Saint-Louis, je me suis lancé le défi de passer derrière un bar à quai, aux côtés des équipes qui, de jour et de nuit, servent les fêtards. L'occasion de m'imprégner de leur folle énergie et de m'initier à l'art de la bière pression. Rendez-vous est donné vendredi soir, à 18 h 30, au Korner. Jérémy, le patron, Carla, sa compagne, et toute l'équipe m'accueillent avec chaleur et bienveillance. Je les ai prévenus : c'est une première pour moi. Je ne suis encore jamais passée de l'autre côté du comptoir. Il va donc falloir faire preuve de compréhension et sans doute d'un peu de patience. J'enfile le t-shirt bleu, floqué du mot "Staff". Je ne peux plus faire marche arrière.

Première commande : la panique

"Un double perroquet et un double rosé fraise". La panique se lit sur mon visage alors que m'arrive ma première commande. "Tu sais ce que c'est ?", s'enquiert Carla, en venant à ma rescousse. Sur le principe oui, mais dans les faits, je suis perdue quant aux doses d'alcool à mettre dans chaque verre. Je regarde ma collègue du soir naviguer habilement entre les bouteilles et encaisser la cliente. Je me fais toute petite dans mon coin, observant ses gestes précis. Il va pourtant bien falloir que je me lance.

Une équipe soudée

"On n'est que des amis dans l'équipe", confie Carla, venue filer un coup de main. La jeune femme travaille le reste de l'année dans le médical, mais elle ne manquerait pour rien au monde la Saint-Louis au Korner. "On s'amuse, c'est vraiment une ambiance familiale". Derrière le comptoir, l'ambiance est à la fête. On se prend en photo, on se chambre, on chante… Moi, j'attends mon premier client, la foule étant plutôt rassemblée autour du Cadre royal où joutent encore les jeunes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La tireuse à bières me résiste

Soudain, je vois un homme se diriger vers moi. "Deux bières et un pastis", me demande-t-il. D'un sourire, je le préviens que je suis encore débutante. Et j'ai bien fait : sous la tireuse, mes verres se remplissent allègrement de mousse. Alex, un serveur, vient à ma rescousse et me remontre le geste. "Ce n'est pas facile avec les verres en plastique", me rassure Jérémy en passant. Soda, jus de fruits, pastis… Mes collègues de Midi Libre passent me voir, je vais pouvoir m'entraîner avec eux. Petit à petit, je prends le pli. "C'est bon, tu gères", me félicite Carla en me voyant servir un demi à la perfection.

Des commandes qui se diversifient

Les commandes se diversifient : rhum soda, jus de pomme (oui, oui…), verre de vin… Les alcools forts, eux, arriveront plus tard dans la soirée, m'assure Jérémie alors que passe une version remixée de Mourir sur scène. Être serveur à la Saint-Louis, cela implique aussi de faire chauffer son cerveau au moment de l'encaissement. D'autant que la musique et les conversations des clients peuvent vite me ralentir. Et encore. "On a le gros du monde qui va arriver vers 21 h 30, témoigne Carla, et à partir de là, on se pousse, on ne fait plus attention". Je préfère partir avant le rush. J'aurai passé plus de deux heures derrière un bar à quai. Alors certes l'expérience n'aura pas été aussi intense que si j'étais restée jusqu'au bout de la nuit. Mais mes jambes et mon dos me le font déjà sentir. Alors chapeau à ceux qui, sur les quais, assurent aussi la fête.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale