Le Var des terres séduit de plus en plus de touristes, avec un potentiel de développement supérieur au littoral
Ce jeudi à Toulon, Var Tourisme a organisé les premières assises départementales du tourisme, réunissant près de 200 invités dans le cadre prestigieux de l'atrium de l'Hôtel du Département. L'événement a mis en lumière le fort potentiel de développement du Var des terres, qui attire désormais 40 % des touristes, contre 60 % pour le littoral et ses plages. Quatre tables rondes ont abordé des thèmes cruciaux tels que les outils d'observation des flux, l'hébergement, l'agritourisme et la diversité de l'offre locale.
Une tendance inattendue révélée par les données touristiques
Parmi les spécialistes présents, Kévin Arrouzet, manager chez Expédia Group, a dévoilé un chiffre surprenant : dans le Var, 40 % des touristes privilégient le centre et le haut Var, tandis que 60 % optent toujours pour le littoral. Cela signifie que près d'un touriste sur deux délaisse la plage pour vivre d'autres expériences. Guillaume Décard, président de Var Tourisme, confirme cette dynamique : « On gagne davantage de parts de marché dans les terres que sur le littoral. Le potentiel de développement y est beaucoup plus fort, avec des atouts comme les racines, l'authenticité de nos villages, la vie épicurienne et les loisirs de plein air. »
L'explosion du « hotel hopping » et l'attrait du slow travel
Kévin Arrouzet a également souligné une autre tendance majeure : l'explosion des séjours multi-hôtels, ou « hotel hopping », avec une croissance de +1 000 %, principalement portée par la génération Z. Cette génération combine souvent une ou deux nuitées dans un établissement haut de gamme avec des logements plus économiques. De plus, une étude mondiale d'Expédia indique que 84 % des voyageurs sont intéressés par le charme d'une ferme et d'un beau ciel étoilé, en mode slow travel, ce qui renforce l'attrait de l'arrière-pays.
Le rôle clé de la nature et de l'agritourisme
Le Var, deuxième département le plus boisé de France, mise sur ses richesses naturelles pour attirer un public nouveau. Jean-Louis Masson, président du Département, évoque le projet de Géoparc des massifs des Maures, de l'Estérel et du Tanneron, avec un dossier à déposer début 2027 pour une labellisation Unesco. Parallèlement, l'agritourisme se présente comme une solution prometteuse, avec près de 400 exploitations déjà actives et plus d'une centaine souhaitant s'y mettre. Sylvain Audemard, président de la Chambre d'agriculture du Var, estime que cela pourrait combler le manque d'offre touristique sur certains territoires.
Défis et opportunités pour l'hébergement et la saisonnalité
Martine Félio, directrice de Var Tourisme, souligne les produits locaux comme la figue ou la châtaigne pour activer le Var des terres, mais pointe aussi des lacunes en hébergement. Dans le Verdon, le sentiment de surtourisme persiste, tandis qu'en Provence verte, Airbnb complète souvent l'offre limitée. Guillaume Décard appelle à un taux d'ouverture plus important hors saison estivale, notant qu'un touriste sur deux visite le Var en dehors de la période des cigales. Ces assises ont ainsi permis de cartographier un Var touristique en perpétuel mouvement, offrant aux professionnels des pistes pour un développement durable et équilibré.



