Cet été, Midi Libre part à la rencontre de lieux qui redonnent vie aux villages du Sud-Aveyron : restaurants, bars, tiers lieux… Aujourd’hui, gros plan sur La Cerise qui rit, un petit restaurant estival à La Cresse, dans la vallée du Tarn, que Jessica Limongi-Panek a aménagé sur sa terrasse.
Un restaurant unique dans le village
À La Cresse, un petit village de 300 habitants dans le Sud-Aveyron, tout le monde connaît Jessica Limongi-Panek, 42 ans, et son restaurant La Cerise qui rit. Ce sont souvent les habitants, habitués aux touristes désorientés, qui indiquent le chemin vers la terrasse perchée qui surplombe la vallée. Dans ce village réputé pour ses nombreux gîtes, La Cerise qui rit est le seul restaurant dans un rayon de trois kilomètres. Au-delà, il faut se rendre à Rivière-sur-Tarn. Un touriste de passage, déçu de ne pas avoir pu réserver, résume la situation avec un sourire : « Et puis, il n’y a que vous ici… » Eh oui, il n’y a que La Cerise qui rit.
« On va en faire profiter les autres »
Sur les hauteurs du village, Jessica Limongi-Panek a su créer un petit lieu de convivialité prisé. Si l’on a l’impression d’entrer dans son jardin, c’est parce que c’est littéralement le cas. Le restaurant est une extension saisonnière de sa maison, ouverte uniquement de mi-juin à mi-septembre. Le reste de l’année, elle gère des gîtes et un atelier de verrerie. « Il y avait cette petite terrasse, excentrée de notre partie habitation, avec une vue magnifique qu’on n’exploitait pas. J’y allais toute seule boire mon café sur une vieille table pourrie. Et un jour, je me suis dit : "On va en faire profiter d’autres." C’est parti comme ça », raconte-t-elle.
Une belle vue, et l’envie de changer d’air professionnellement parlant. « Je travaillais dans le social, mais ça perdait un peu de sens pour moi, sur le plan politique et économique. J’ai ressenti le besoin de faire quelque chose qui me ressemble. » Ni une ni deux, le projet est lancé. Son compagnon lui construit un petit cabanon pour y installer la cuisine. Elle s’appuie sur la clientèle de ses deux gîtes et sur son CAP cuisine obtenu quelques années plus tôt. Cela fait maintenant cinq ans que l’aventure continue.
Un lieu atypique
Aujourd’hui, même des habitants de la vallée, jusqu’à Millau, viennent profiter de ce lieu atypique : une terrasse aménagée « à la bonne franquette » dans son jardin, avec une vue imprenable sur la vallée du Tarn et, en bonus, le Piédestal de Fontaneilles. La Cerise qui rit séduit aussi les Millavois, attirés par l’ambiance unique : « Les gens viennent pour le lieu. Il y a même pas mal de restaurateurs qui font le déplacement, parce qu’ils ont envie de sortir de la ville. »
Car outre le paysage, c’est aussi le service qui sort de l’ordinaire. Jessica Limongi-Panek est seule en cuisine, elle a donc dû s’organiser pour assurer le service toute seule. Ici, les clients participent : ils vont chercher leurs assiettes au comptoir et débarrassent eux-mêmes après le repas. « Ça amène quelque chose. On s’appelle par le prénom. C’est parfois celui de la table à côté qui amène les assiettes à l’autre, etc. Et ça, c’est chouette, quoi. »
Une approche qui illustre bien la philosophie du lieu : « C’est une activité que je remets en question chaque fin de saison. Pour moi, c’est important d’être bien avec moi-même, de garder l’envie d’accueillir et de cuisiner. Le jour où ça deviendra lourd, j’arrêterai. »
Notes : ouvert du jeudi au dimanche, le soir uniquement. Assiettes à 16,50 euros. Réservation au 06 31 38 17 93.



