Tourisme dans le Gard : un mois de juillet 2025 difficile pour les professionnels
Gard : juillet 2025, un mois noir pour le tourisme

Entre canicule, crise économique et risque d'incendies, la vallée de la Cèze est moins fréquentée par les touristes en ce début d'été 2025. Une tendance qui risque de se répéter dans les années à venir.

Un mois de juillet morose pour les professionnels du tourisme

La même mélodie se répète pour le mois de juillet 2025 chez les professionnels du tourisme dans le Gard rhodanien, un air calme qui ne plaît pas beaucoup. Campings, guinguettes, activités touristiques… Tous constatent une baisse de la fréquentation. "Je n'ai jamais eu aussi peu de réservations. C'est même la première fois qu'août sera plus rempli que juillet", témoigne la gérante du camping La Coquille, à Bagnols-sur-Cèze.

Même constat à la guinguette Chez Clovis, à Saint-Alexandre. "Tout le monde se serre la ceinture. Quand ça va mal, on aime mieux épargner que consommer et c'est nous qui subissons cela", souffle Françoise Sarette, la patronne. Effectivement, selon le dernier rapport de la Banque de France, les Français n'ont jamais autant épargné depuis le Covid, dans un contexte économique difficile.

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Pierre Duz, propriétaire d'Accroche Aventure à Saint-Julien-de-Peyrolas, parc d'activité et notamment d'accrobranche, partage cette vision et estime que cela touche également les touristes étrangers : "Ils ont tous une vision négative de la situation en France, avec les prix qui augmentent, etc. Forcément ils ont moins envie de venir." Lui qui confie que son téléphone "ne sonne plus", garde en tête le douloureux lundi 14 juillet. "On s'attendait à beaucoup de monde pour un jour férié, sur un week-end de trois jours. Au total, on n'a eu que huit clients à la journée sur l'accrobranche, c'est terrible."

Canicule et risque d'incendies : des facteurs déterminants

Mais le contexte économique est-il suffisant pour expliquer cette tendance ? Pas si sûr. La raison, bien que cela ait de l'importance, est certainement à trouver ailleurs. Valentin Ruiz, gérant du Camping Paradis Les Amarines, y voit des "raisons climatiques". Son point de vue provient de ses chiffres. À la fin juillet, il compte 1 100 réservations pour la saison 2025, contre 1 200 l'année dernière à la même date. Plus précisément, la courbe suivait la même allure jusqu'à une fracture autour du 15 juin, qui correspond à la période où le département a été placé en alerte rouge pour la canicule et les risques d'incendies.

"Forcément, ce ne sont pas des informations attractives. Dans le même temps, on constate que des campings en Savoie ou en Bretagne sont presque tous pleins. C'est bien la preuve que c'est une problématique locale, du sud de la France", analyse-t-il. Mais tous se préparent à ce que cette tendance se répète dans les années à venir, au vu de la situation climatique.

"Il faut aussi dire que le Sud a toujours bénéficié de ses avantages météorologiques pour accueillir énormément de touristes", explique Brigitte, une vacancière de passage dans la vallée de la Cèze. "Désormais, ce qui attirait du monde les repousse. Les dynamiques s'inversent et il va falloir s'adapter car ce sera de pire en pire."

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