La hausse des prix des carburants bouleverse les projets de vacances des Français
La guerre en Iran contribue à une situation de blocage qui maintient le prix des carburants en France bien au-dessus de la barre des deux euros. Cette inflation impacte directement les plans de départ en vacances pour de nombreux ménages. Selon une étude réalisée en 2024, sur les 64 % des Français qui prévoient de partir, les trois quarts utilisent leur voiture, avec un trajet aller moyen de 750 kilomètres.
Une tendance vers des destinations plus proches
Si les vacances ne sont pas annulées, les Français envisagent de réduire la distance parcourue. Le baromètre Sofinco, publié le 13 avril, révèle que 40 % des automobilistes prévoient de raccourcir leur trajet. Cette réorientation profite aux destinations nationales, alors que les voyages vers le Moyen-Orient et l'Asie connaissent un effondrement.
Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air, explique à 20 Minutes : « Une partie des Français qui pensaient partir à l'étranger hésitent, ce qui pourrait bien nous servir cet été, bien que ce soit encore un peu tôt pour l'affirmer. » Il anticipe une fréquentation similaire à celle de l'an dernier, qui avait atteint 28 millions de visiteurs, une très bonne année.
Les campings adaptent leur offre face aux nouvelles habitudes
Les réservations dans les campings se maintiennent au niveau de 2023, malgré un ralentissement depuis la mi-mars. Cependant, Nicolas Dayot s'attend à une accentuation de la baisse du panier moyen, déjà de 4 % l'an dernier. « Les Français cherchent des hébergements moins chers », observe-t-il, notant une croissance des réservations de terrains nus pour tentes et caravanes au détriment des mobiles homes et chalets plus luxueux.
Madeleine Couturier, vice-présidente de la FFACCC, une fédération de camping-caristes, confirme cette tendance : « Il est certain que les prochaines sorties en France se feront sur un kilométrage moindre. » Elle souligne l'importance de réduire les distances, surtout avec des véhicules consommant jusqu'à 15 litres aux 100 kilomètres, entraînant un surcoût significatif.
Des régions spécifiques en bénéficient
Cette réduction des trajets profite particulièrement aux campings de Normandie et du Grand-Est. Nicolas Dayot précise : « Ces régions, bien qu'elles pèsent peu dans l'ensemble des nuitées, sont celles qui progressent le mieux. » Ainsi, les vacanciers privilégient des destinations plus accessibles pour limiter les dépenses en carburant.
Pascal De Mattei, gérant-propriétaire du camping « Au paradis des campeurs » dans le Var, reste optimiste pour la saison estivale. Il anticipe « une très belle saison » avec une clientèle locale plus nombreuse, ainsi qu'une augmentation des touristes belges, allemands et néerlandais. Il estime que les mesures comme les réductions sur le carburant ne sont pas nécessaires, car ceux pour qui 40 euros supplémentaires sont ingérables ne partent généralement pas.
Un impact positif sur le tourisme national
Nicolas Dayot ajoute que le prix élevé des carburants pourrait retenir certains touristes étrangers de descendre vers l'Espagne, le Maroc ou l'Italie, les incitant à rester en France. Parmi ces visiteurs, qui représentent 25 % de la clientèle des campings, « certains qui pensaient partir en Thaïlande ou en Asie hésitent du fait du contexte international et seront tentés de rester en Europe ».
En conclusion, face à l'envolée des prix des carburants et aux incertitudes internationales, les Français et leurs voisins européens se tournent vers des vacances plus courtes et plus économiques. Les campings, en adaptant leur offre, semblent prêts à profiter de cette tendance, faisant de l'été 2024 une saison prometteuse pour le tourisme de plein air en France.



