Cap d'Agde : une cohabitation sous tension entre riverains et bars dansants
Dans les quartiers les plus animés du Cap d'Agde, la cohabitation entre les différents profils de vacanciers peut s'avérer compliquée. Au Centre-Port, les activités tardives de certains établissements nuisent à la tranquillité des riverains, comme en témoignent plusieurs habitants excédés par le bruit.
Le Cap d'Agde, une station balnéaire très fréquentée
Le Cap d'Agde figure parmi les stations balnéaires les plus prisées de France. Chaque année, des touristes venus de tout le pays et d'Europe affluent, faisant passer la population d'Agde de 30 000 à 250 000 habitants en été. Cette affluence génère une grande diversité de profils : certains recherchent le calme et la détente, tandis que d'autres privilégient les activités nocturnes, fréquentant bars dansants et discothèques souvent situés près des plages. Cette situation soulève une question : comment concilier des attentes aussi différentes ?
Les riverains excédés par le bruit nocturne
Pour Pierre Lithique, propriétaire d'appartements à la résidence Port Dauphin au Centre-Port, la réponse est claire. « C'est insupportable, on se croirait dans une discothèque à ciel ouvert. Certains bars dansants à proximité mettent la musique à fond jusqu'à deux heures du matin, ils croient qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent », déclare-t-il, excédé. « J'ai même des voisins qui en sont réduits à écouter la télévision avec le casque. » Le problème est si grave que certains propriétaires envisagent de vendre leurs biens. Une autre propriétaire renchérit : « C'est soit ça, soit dormir avec des boules Quies tous les soirs, parce qu'on est dérangés tous les soirs. Si encore ce n'était que les weekends, je pourrais comprendre. Le DJ qui crie à deux heures du matin, la police qui passe sans que rien ne change… Moi je me lève tôt le matin pour aller travailler, et je n'en peux plus. »
Les gérants de bars se défendent
Du côté des propriétaires de bars dansants et discothèques, le discours est tout autre. Grethell Troisi, gérante du bar Le Patio, juge les critiques infondées. « On respecte les limitations de volume sonore, on a des limiteurs de musique… Entre confrères, on essaie de trouver des solutions qui conviennent à tout le monde, mais les riverains se plaignent de tout et de rien », assure-t-elle. « Moi, je dis que si la police municipale passe tous les soirs et que nos établissements ne ferment pas, c'est bien la preuve qu'on est en règle. »
Qui est responsable ?
Alors, à qui la faute ? Aux bars trop bruyants ? Aux riverains trop sensibles ? Aux normes trop laxistes ? Il est difficile de trancher. Une certitude demeure : si la situation ne s'améliore pas, fêtards et amateurs de calme risquent de ne plus passer leurs vacances ensemble.
Que dit la loi sur les nuisances sonores des établissements nocturnes ?
Pour prévenir les troubles de voisinage, les établissements nocturnes (bars, restaurants, discothèques) doivent respecter plusieurs règles : horaires d'ouverture et de fermeture, et étude d'impact des nuisances sonores. Cette étude peut imposer l'installation de limiteurs de pression acoustique, afin que le bruit extérieur ne dépasse pas 3 décibels. En cas de dépassement, l'exploitant risque une amende de 1 500 €. Cependant, si ces normes sont respectées, les riverains ne peuvent pas engager la responsabilité de l'exploitant si son activité préexistait à leur installation.



