Le réalisateur montpelliérain Alexandre Pierrin est l'auteur de la série documentaire "Nomades", qui vient de sortir sur la plateforme France.TV.
Dans le documentaire "Nomades", tout juste sorti sur la plateforme France.TV, Alexandre Pierrin s'intéresse à ceux qui font le choix de vivre toute l'année en itinérance. Comment lui est venue l'idée ? C'est d'abord de l'observation autour de lui. Il a vu de plus en plus de gens qui se mettaient à aménager des utilitaires, voire qui achetaient des vans. Pour certains, cela devenait même un mode de vie, jusqu'à rendre son appartement. Cela l'a étonné, parce que vivre sur la route est associé à quelque chose d'assez marginal dans notre société. Il a donc voulu enquêter, afin de voir s'il y avait un retournement de valeurs autour du nomadisme. Cela l'a amené à trouver une bonne cinquantaine de personnages et il en a gardé cinq ou six, en se limitant aux moins de 30 ans, en subdivisant le sujet avec les "vanlifers" d'un côté (qui vivent et voyagent en van) et de l'autre les "digital nomads" (qui travaillent depuis n'importe quel endroit grâce aux technologies).
Que recherchent-ils ? La liberté avant tout ?
Ce qui revient très souvent, c'est un rapport au travail très utilitariste. Ils ont globalement tous fait des études, mais l'idée de bosser de 8 heures à 19 heures, tous les jours de 20 ans à 70 ans, pour gagner 2 400 euros et dépenser la moitié dans un logement, ne les intéresse pas. Ils ne veulent pas vivre pour travailler mais travailler pour vivre. Ils veulent donc profiter tout de suite de la vie, aller dans des endroits où le revenu est plus faible pour avoir un meilleur confort de vie, voyager…
"L'envers du décor"
Pour autant, la vie est-elle aussi belle que ce que l'on peut voir sur les réseaux sociaux ? Le propos de la série est justement de se mettre dans l'envers du décor, parce que les réseaux sociaux ont tendance à ne montrer que les aspects positifs : le réveil sur la plage, les cocktails, les soirées sur le toit d'un immeuble… Mais on ne voit pas les moments passés à la laverie, les heures passées à trouver un endroit où dormir. La solitude surtout. C'est le thème du deuxième épisode, parce que ce sont souvent des électrons libres, avec un mode de vie instable, un agenda qui rend difficile les relations amicales, intimes, voire les liens sentimentaux ou familiaux. Cela dit, ils le vivent plutôt bien, mais c'est un choix de vie qu'il faut faire en connaissance de cause.
Ce n'est donc pas si facile de se lancer sur les routes
En effet, il faut accepter de se couper de tout, d'aller dans des endroits où, à chaque fois, il faut refaire des relations sociales. Ce mode de vie a ce coût-là. D'ailleurs, et notamment chez les "digital nomads", l'imaginaire de rencontre, de découverte auquel il est associé est parfois exagéré. Beaucoup cherchent surtout la fréquentation de leurs pairs. Il n'en reste pas moins, avec ce film, une plongée sincère, inspirante et parfois déroutante.
Le film sera aussi diffusé ce jeudi 11 septembre à 20 h 30, salle Rabelais à Montpellier, lors de la soirée d'ouverture du festival What a trip, avant un débat avec le réalisateur. Entrée libre sur réservation.



