Le CNRS Côte d'Azur organise un speed dating entre chercheurs et entreprises
Le Centre national de recherche scientifique de la Côte d'Azur a innové en organisant, le 14 avril, son premier événement Meet & Match. Cet événement inédit, décrit par Frédéric Fontaine-Debizet, délégué régional adjoint au CNRS Côte d'Azur, comme « une initiative pour connecter la recherche publique et le monde de l'entreprise », a adopté un format original de speed dating. Les rencontres minutées, limitées à 15 minutes, visaient à créer l'étincelle entre les laboratoires et les entrepreneurs.
Un format efficace pour des rencontres ciblées
Sur le modèle d'un speed dating où chaque participant doit convaincre en un temps limité, le CNRS a orchestré des rendez-vous chronométrés entre chercheurs et représentants d'entreprises. L'objectif était clair : démontrer comment les laboratoires communs, ou LabComs, participent activement aux innovations de demain. En France, 330 laboratoires communs sont actifs, servant de structures hybrides où naissent les avancées technologiques.
Parmi les laboratoires présents, on retrouvait INPHYNI, LJAD, CRHEA ou i3S, offrant aux entreprises l'opportunité de découvrir des expertises variées. L'événement, affichant complet, a attiré 70 entrepreneurs, allant des startups aux grands groupes comme Thales Alenia Space ou Naval Group, tous curieux de voir comment la recherche pourrait concrétiser leurs projets.
La recherche, un levier de compétitivité incontestable
Frédéric Fontaine-Debizet a souligné lors de cette matinée que « au CNRS, on ne fait pas que parler d'innovation, on met en place les outils pour la rendre possible. Et la recherche est un levier de compétitivité incontestable pour vos entreprises ». Melchior Faure, directeur des relations entreprises au CNRS, a ajouté des chiffres significatifs : chaque année, plus de 100 contrats de recherche, d'une durée de quatre ou cinq ans, sont signés avec des entreprises, et plus de 100 startups émergent de la fusion de ces deux mondes.
Les entreprises présentes ont confirmé l'intérêt de cette collaboration. Pour certains chefs d'entreprise, les LabComs représentent « un tremplin pour aller chasser des projets nouveaux », tandis que d'autres mettent en avant l'accès à des ressources hors norme, comme des lasers de dernière génération. Cette innovation collaborative est vue comme essentielle pour durer dans un marché compétitif.
Des exemples concrets de partenariats fructueux
Le LOSCA (Laboratoire Spatial de la Côte d'Azur) illustre parfaitement cette dynamique. Ce laboratoire commun, fruit d'une collaboration entre l'Observatoire de la Côte d'Azur et Thales Alenia Space, montre comment la recherche publique peut s'allier avec l'industrie pour des avancées spatiales. De même, des collaborateurs d'Amadeus, leader mondial de la technologie innovante du voyage, ont pris des rendez-vous avec chaque labo présent, cherchant à ouvrir de nouvelles portes sur leurs prochaines technologies.
Au laboratoire Jean-Alexandre Dieudonné (LJAD), reconnu comme l'un des meilleurs centres de recherche internationaux en mathématiques, trois chercheurs ont enchaîné les rendez-vous. Ce labo a déjà signé de nombreux partenariats, comme avec la Régie Eau d'Azur, pour prévoir les demandes en eau des usagers et prédire le niveau des nappes phréatiques. Thierry Goudon, directeur du laboratoire, exprime sa volonté d'ouvrir davantage au tissu industriel, espérant des partenariats qui mèneront aux innovations de demain.
Témoignages d'entreprises engagées
Jérôme Goubeau, directeur ingénierie des systèmes chez Thales Alenia Space Cannes, a partagé : « Nous avons déjà une culture du LabCom, travaillant avec Aix-Marseille et Université Côte d'Azur, notamment via le LOSCA. Mais nous recherchons toujours des expertises extérieures, comme aujourd'hui avec des labos traitant de l'intelligence artificielle pour optimiser nos process. »
Christophe Cognard, de Naval Group à Toulon, a ajouté : « Chez nous, les programmes sont de longue durée, et une thèse seule ne suffit souvent pas. La recherche nous pousse à accélérer et à être réactifs, surtout dans le contexte géopolitique actuel. Nous travaillons déjà en LabComs sur les matériaux et le magnétisme. Ce transfert de problématiques, de l'industriel vers la recherche, crée de l'innovation et de la valeur ajoutée, un travail collaboratif qui a du sens. »
Cet événement Meet & Match du CNRS Côte d'Azur a ainsi mis en lumière l'importance cruciale de la recherche comme moteur d'innovation et de compétitivité pour les entreprises, renforçant les liens entre le monde académique et l'industrie dans une région dynamique.



