Une mobilisation nationale pour les droits des retraités
Les retraités de la CGT, CGT Santé, FSU, FGR, LSR, Adra, ainsi que le collectif marmandais Urgences accès aux soins se rassembleront jeudi 2 avril à 10 heures devant la préfecture dans le cadre d'un appel national à une semaine d'actions sur la santé. Cette manifestation s'inscrit dans une mobilisation plus large orchestrée par le « groupe des 9 », une intersyndicale regroupant CGT, FSU, LSR, FGR-FP, FO UCR, CFTC, CFE-CGC, Solidaires et Ensemble.
Des revendications doubles et urgentes
« Le soin est un droit fondamental auquel tout être humain a droit », affirme Geneviève Cathala, représentante locale de la Fédération syndicale unitaire (FSU). La retraitée participera activement à cette journée de protestation qui vise deux objectifs principaux : un meilleur accès aux soins et un pouvoir d'achat convenable pour les retraités. Ces revendications sont soutenues par l'Association des retraités agricoles (Adra) et l'association marmandaise Urgences accès aux soins, créant une coalition déterminée.
Le cri d'alarme face au désert médical
Geneviève Cathala dénonce une situation préoccupante : « De plus en plus de retraités n'ont plus de médecins traitants. Lorsqu'ils doivent consulter, ils doivent assurer des frais de déplacement ». Cette réalité s'aggrave dans un contexte où 70 % des Ehpad publics étaient jugés déficitaires par la Fédération hospitalière de France en 2024. La syndicaliste pointe un « désengagement de l'État envers les départements » qui, selon elle, accroît les inégalités d'accès aux soins.
En Lot-et-Garonne, Serge Dezile, membre de la CGT Retraités, illustre ce phénomène : « 30 % des médecins ont plus de 60 ans, et les besoins ne cessent d'augmenter ». Geneviève Cathala s'appuie également sur un rapport de la Cour des comptes de 2021 pour alerter sur « des tarifs de complémentaires santé qui s'envolent d'année en année », représentant un budget disproportionné par rapport aux pensions de retraite.
La précarité alarmante des retraités agricoles
Guy Soulage, représentant de l'Adra, expose une situation dramatique : « La pension de retraité agricole pour une carrière complète est de 1 100 euros, et le loyer de maison de retraite le moins cher du département est de 2 000 euros. Nos retraités ont peur, ils se demandent comment ils vont finir leurs jours ». Ce témoignage souligne l'urgence économique qui s'ajoute aux difficultés d'accès aux soins.
Des propositions concrètes pour un système de santé équitable
L'intersyndicale avance plusieurs revendications précises :
- Un accès égal aux soins et à la santé pour toutes et tous sur tout le territoire national
- Des formations et embauches de personnels médicaux
- Une réouverture de lits ou de services pour l'hôpital public et les structures médico-sociales
- Un service public de santé de proximité avec des centres de santé pluriprofessionnels
Geneviève Cathala dénonce une « maltraitance structurelle » et exige « 100 % de remboursements des soins prescrits par la Sécurité sociale » dans les zones de désert médical. Françoise Bournazel, présidente de l'association Loisirs et solidarités du 47, rappelle que les retraités constituent « une force économique, qui redistribue dans le circuit économique les 310 milliards d'euros qui lui sont versés annuellement par l'État ».
Une mobilisation qui cherche à être entendue
L'intersyndicale espère être reçue par le préfet pour défendre « un meilleur accès aux soins pour les retraités ». Cette manifestation du 2 avril représente un moment crucial de rassemblement et de revendication pour des milliers de retraités confrontés à des difficultés croissantes. La mobilisation témoigne d'une inquiétude profonde face à l'évolution du système de santé et des conditions de vie des personnes âgées en France.



