Monaco se mobilise pour une grève historique ce vendredi
L'Union des syndicats de Monaco (USM) lance un appel à une mobilisation massive des salariés de la Principauté ce vendredi 10 avril 2026. L'objectif est de défendre les droits des travailleurs et le système des retraites, dans un contexte de tensions croissantes avec le gouvernement princier.
Deux points de rassemblement pour une convergence vers Sainte-Dévote
Les manifestants sont conviés à deux rendez-vous fixés à 12h15 : devant l'église Saint-Charles et sur le parvis du stade Louis-II. Les cortèges partiront à 13h pour converger une heure plus tard vers le parvis Sainte-Dévote, où des prises de parole syndicales sont prévues. Cette mobilisation, initialement programmée le 27 mars, avait été reportée en raison de la visite du pape Léon XIV.
Thomas Bouzy, secrétaire général adjoint de l'USM, justifie cette action : « On perçoit un décalage grandissant entre le discours politique et les actes. Le vécu sur le terrain s'inscrit à l'opposé des promesses d'attractivité. » Il souligne les difficultés de logement et d'accès à la Principauté pour les travailleurs résidant loin.
Revendications salariales et amélioration des conditions de travail
L'USM réclame depuis longtemps la mise en place d'un salaire minimum porté à 2 620 euros bruts, contre 2 250 euros en 2019, ainsi qu'une indexation des salaires sur le coût de la vie. Cette mesure vise à garantir le maintien du pouvoir d'achat des salariés. L'organisation demande également une amélioration des conditions de travail pour préserver la santé et la dignité des employés.
Thomas Bouzy énumère les problèmes remontés par les syndicats affiliés : « Davantage de pression au travail, l'impossibilité de négocier des conventions collectives dans certains secteurs, des droits syndicaux restreints dans le public. » Il cite les récentes mobilisations dans les parkings et les crèches comme exemples de ce mécontentement.
Défense du système des retraites et inquiétudes face aux réformes
Karim Tabchiche et Bruno Augé, secrétaires généraux de l'USM, déplorent que la part des salariés dans la répartition de la richesse ait diminué d'environ 10% en dix ans. « Dans ce contexte, qu'on nous demande un effort pour pérenniser le système de retraite est inaudible et révoltant », affirment-ils.
Face au vieillissement démographique et aux préoccupations sur la Caisse autonome des retraites, l'USM s'oppose fermement à toute réforme qui réduirait les droits ou augmenterait les cotisations salariales. Dans un communiqué du 7 avril, l'organisation exige une contribution accrue des employeurs pour équilibrer les régimes et maintenir des pensions dignes.
L'Union des retraités de Monaco en première ligne
L'Union des retraités de Monaco (URM), affiliée à l'USM, participera activement à la manifestation. Angèle Braquetti, présidente de l'URM, énumère leurs revendications : « L'augmentation dérisoire de la valeur du point de +0,30%, la réintégration des retraités résidents hors Monaco, l'abrogation de la réforme de 2012. On crée des retraités pauvres, et nous ne lâcherons rien ! »
Les retraités protesteront aussi contre un arrêté ministériel de 2019 limitant l'accès aux carnets spectacles pour les anciens salariés non-résidents, un avantage acquis il y a plus de trente ans.
Une mobilisation attendue massive et déterminée
Des centaines de personnes sont attendues dans les rues de Monaco ce vendredi. Karim Tabchiche insiste : « Manifester, faire la grève, ce n'est pas un plaisir. Mais on n'a pas le choix. » Thomas Bouzy conclut : « Si on en arrive là, c'est qu'il y a eu un échec dans l'écoute et la volonté de construire ensemble. On essaye de négocier un présent et un futur porteurs pour l'économie de Monaco. »
Cette grève s'inscrit dans un mouvement plus large de mobilisations sociales en Principauté, reflétant un profond malaise parmi les salariés et retraités face aux politiques économiques et sociales actuelles.



