Le 5 juillet 1946, le monde de la mode bascule. Ce jour-là, le couturier français Louis Réard présente un maillot de bain révolutionnaire : le bikini. Composé de seulement deux pièces de tissu, il dévoile le nombril, une première dans l'histoire du vêtement de bain. À l'époque, aucun mannequin n'accepte de le porter ; Réard doit engager une danseuse nue du Casino de Paris, Micheline Bernardini, pour le présenter.
Un nom explosif
Le nom « bikini » n'est pas choisi au hasard. Quatre jours avant le défilé, les États-Unis font exploser une bombe atomique sur l'atoll de Bikini, dans le Pacifique. Réard, ancien ingénieur automobile, espère que l'impact de son maillot sera aussi fort que celui de la bombe. Il voit juste : le bikini provoque un scandale mondial. En Espagne, en Italie et au Portugal, il est interdit. Le Vatican le qualifie de « péché ». Aux États-Unis, il faut attendre les années 1960 pour qu'il se démocratise, porté par des icônes comme Brigitte Bardot ou Marilyn Monroe.
80 ans de libération
En 80 ans, le bikini est devenu un symbole de liberté et d'émancipation féminine. Selon une étude de l'Ifop réalisée en 2023, 72% des Françaises possèdent au moins un bikini. Aujourd'hui, il se décline en une infinité de formes, couleurs et matières. « Le bikini a traversé les époques sans prendre une ride, explique Anne-Cécile de Monplanet, historienne de la mode. Il incarne à la fois la révolution des mœurs et l'audace de la création française. »
Un héritage contesté
Malgré son succès, le bikini n'a pas toujours été bien vu. Dans les années 1950, il est associé à la vulgarité. Plus récemment, des critiques émergent sur son caractère sexualisant. « Le bikini peut être un outil de libération ou de pression sociale, selon le contexte », nuance la sociologue Élodie Prieur. Pour ses 80 ans, plusieurs marques proposent des collections inclusives, avec des tailles allant du XS au 5XL, pour que toutes les femmes puissent profiter de ce maillot iconique.



