Une montre d'exception en Honeygold
Il y a des matières qui n’appellent pas la contemplation immédiate. L’or miel de Lange, le Honeygold, est de celles-là. À première vue, on hésite : or blanc ? or rose ? Ni l’un ni l’autre. Cet alliage 18 carats (75 % d’or fin, cuivre et zinc) développe une teinte chaude, entre rose et blanc, renforcée par des additifs minéraux et un traitement thermique spécifique. Sa dureté avoisine les 300 Vickers, soit environ le double de l’or rose classique, ce qui en fait un matériau aussi exigeant à travailler qu’à justifier. Lange ne l’utilise que pour ses pièces les plus singulières.
La Cabaret : une rupture dans l'ADN de Glashütte
Le cadran, fabriqué intégralement en interne, est composé de trois parties. Les encadrements, les échelles et l'inscription de la maison y sont sculptés en relief à même la matière. A. LANGE & SÖHNE La Cabaret est précisément l’une d’elles. Née en 1997 à Bâle comme premier boîtier véritablement rectangulaire de la manufacture, elle incarne une rupture dans l’ADN de Glashütte : là où la maison saxonne cultivait la rigueur circulaire, la Cabaret assumait la géométrie Art déco, grande date en tête. Elle atteint sa dimension technique en 2008 avec la Cabaret Tourbillon, première montre-bracelet au monde dotée d’un arrêt secondes pour tourbillon, exploit longtemps jugé incompatible avec la fragilité mécanique d’une cage en rotation. Rarement rééditée depuis 2008, elle n’avait connu qu’une seule variation en 2021, sous la forme d’une Cabaret Tourbillon Handwerkskunst en platine, limitée à 30 exemplaires.
Un cadran qui se construit sur plusieurs semaines
Cette nouvelle Cabaret pousse le double emploi du Honeygold à son maximum : boîtier et cadran sont tous deux taillés dans l'alliage exclusif de la manufacture. A. LANGE & SÖHNE Un cadran qui se construit sur plusieurs semaines. Cette nouvelle Cabaret pousse le double emploi du Honeygold à son maximum : boîtier et cadran sont tous deux taillés dans l’alliage exclusif de la manufacture. Le cadran, fabriqué intégralement en interne, est composé de trois parties. Les encadrements, les échelles et l’inscription de la maison y sont sculptés en relief à même la matière, avec une hauteur de 0,15 millimètre. Une fois rhodiés en noir, les finisseurs polissent à la main chaque relief pour faire ressortir l’éclat chaud du métal sur le fond sombre. L’ensemble du processus s’étend sur plusieurs semaines. À six heures, le tourbillon avec arrêt secondes apparaît dans une ouverture, son pont supérieur et la face de la cage traités au poli noir, cette finition miroir qui ne se révèle vraiment que sous un angle précis, basculant ensuite vers une profondeur noire absolue.
Un calibre d'exception
Le calibre L042.1, visible par le fond saphir, rassemble 370 composants dont 84 pour le seul tourbillon, pesant un quart de gramme. Platine trois-quarts en maillechort, coqs gravés à la main, chatons en or vissés, vis bleuies : l'inventaire des signatures saxonnes de Lange est complet. A. LANGE & SÖHNE Le calibre L042.1, visible par le fond saphir, rassemble 370 composants dont 84 pour le seul tourbillon, pesant un quart de gramme. Platine trois-quarts en maillechort, coqs gravés à la main, chatons en or vissés, vis bleuies : l’inventaire des signatures saxonnes de Lange est complet. Réserve de marche de 120 heures, fréquence de 21 600 alternances par heure. Sur le marché secondaire, la Cabaret Tourbillon a connu un parcours erratique : vendue chez Christie’s dès 2009 à 146 500 dollars, soit avec une décote de près de 100 000 dollars sur son prix neuf, elle glissait encore à 58 000 dollars lors d’une vente Sotheby’s en 2019. Une irrégularité qui dit moins la faiblesse de la pièce que la rareté de son marché. Limitée à 50 exemplaires numérotés, la nouvelle version Honeygold sera dévoilée au Concorso d’Eleganza Villa d’Este dont A. Lange & Söhne est partenaire depuis 2012. Son prix est sur demande.



