Les dépenses mondiales en recherche et développement atteignent un niveau record en 2024
Selon les dernières estimations publiées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les investissements globaux en recherche et développement (R&D) ont franchi un cap historique en 2024, s'établissant à 3 800 milliards de dollars. Cette somme colossale témoigne de l'importance croissante accordée à l'innovation et au progrès scientifique à l'échelle planétaire.
Une répartition géographique marquée par la domination des grandes puissances
L'analyse géographique des dépenses révèle des disparités significatives. Les pays économiquement les plus développés ont concentré près des deux tiers du montant total, soit approximativement 2 300 milliards de dollars. Dans ce groupe, les États-Unis se distinguent avec 1 009 milliards de dollars investis, confirmant leur leadership en matière d'innovation. L'Union européenne, quant à elle, a consacré 611 milliards de dollars à la R&D. Parallèlement, la Chine affiche un effort substantiel de 1 028 milliards de dollars, soulignant son ascension rapide dans le domaine scientifique et technologique.
L'intensité de R&D : un indicateur clé qui stagne globalement
L'intensité de R&D, qui mesure les dépenses de recherche par rapport au produit intérieur brut (PIB), s'est maintenue à 2,7 % au niveau mondial en 2024. Ce taux est resté inchangé depuis 2020, indiquant une certaine stagnation dans l'effort relatif consenti à l'innovation à l'échelle globale.
Cependant, ce chiffre masque d'importantes variations nationales. Israël arrive très largement en tête avec une intensité de R&D remarquable de 6,8 %. Il est suivi par la Corée du Sud (5,1 %), Taïwan (4,1 %), ainsi que le Japon et la Suède (3,6 % chacun). Les États-Unis affichent un taux de 3,5 %.
Au sein de l'Union européenne, l'intensité moyenne s'élève à 2,1 %, avec des performances contrastées : 3,1 % en Allemagne, 2,2 % en France, 1,5 % en Espagne et 1,4 % en Italie.
La contribution croissante des entreprises et l'évolution des financements publics
La croissance des dépenses intérieures de recherche et développement expérimental (DIRD) a été en moyenne de 2,6 % dans les pays de l'OCDE en 2024. Cette progression cache des dynamiques nationales très différentes : des hausses supérieures à 5 % au Japon et en Corée du Sud, une augmentation de 3,4 % aux États-Unis, mais une croissance modeste de seulement 0,4 % dans l'Union européenne, où l'Allemagne a même enregistré un recul de 0,4 %.
Les entreprises ont renforcé leur rôle prépondérant dans le financement de la R&D au sein de la zone OCDE. Elles représentent désormais 73 % de la DIRD, contre 67 % en 2010, confirmant une tendance à la privatisation de l'effort de recherche.
En revanche, les crédits budgétaires publics alloués à la R&D (CBPRD) ont diminué de 4,1 % dans l'ensemble. Cette baisse a été particulièrement marquée dans le secteur de l'énergie et de l'environnement (-8 %), signalant un désengagement relatif des pouvoirs publics dans ces domaines cruciaux. À l'inverse, les financements publics ont augmenté de 1,2 % dans le secteur de la défense, avec des hausses spectaculaires de 17,9 % au Japon et de 11,5 % dans l'Union européenne, reflétant des priorités géopolitiques et stratégiques réorientées.



