La vague de chaleur qui frappe la France depuis plusieurs jours a provoqué une surmortalité massive dans les élevages de volailles de l'Ouest, saturant les services d'équarrissage. Selon les professionnels, des millions de poulets sont morts, et les usines d'équarrissage peinent à gérer l'afflux de cadavres.
Des élevages en danger
Dans les régions de Bretagne, des Pays de la Loire et de Normandie, les éleveurs de volailles sont confrontés à une hécatombe. Les températures caniculaires, qui ont dépassé les 40°C dans certaines zones, ont entraîné la mort de millions de poulets. « Nous n'avons jamais vu cela, c'est une catastrophe sanitaire et économique », a déclaré un éleveur breton.
Les bâtiments d'élevage, souvent non climatisés, n'ont pas résisté à la chaleur. Les volailles, particulièrement sensibles aux fortes températures, meurent par asphyxie ou par déshydratation. Les éleveurs tentent de sauver ce qui peut l'être en installant des ventilateurs et en augmentant l'abreuvement, mais les pertes sont colossales.
Des services d'équarrissage saturés
Les services d'équarrissage, chargés de collecter et de traiter les cadavres d'animaux, sont submergés. « Nous recevons des appels de toute la région, mais nous ne pouvons pas répondre à toutes les demandes », explique le responsable d'une usine d'équarrissage. Les capacités de traitement sont dépassées, et des cadavres s'accumulent dans les fermes, posant des risques sanitaires.
Selon la Fédération nationale des services d'équarrissage, le nombre de collectes a été multiplié par cinq par rapport à une période normale. « Nous faisons face à une situation inédite, avec des volumes de cadavres jamais vus », ajoute-t-elle. Les autorités sanitaires sont en alerte, craignant la propagation de maladies.
Un impact économique lourd
Les pertes économiques sont considérables pour les éleveurs. « Un poulet coûte entre 2 et 3 euros à produire, et nous en avons perdu des centaines de milliers », témoigne un éleveur. Les assureurs estiment que les indemnisations pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions d'euros. Les organisations professionnelles demandent des aides d'urgence au gouvernement.
Le ministère de l'Agriculture a annoncé la mise en place d'un fonds d'indemnisation pour les éleveurs touchés. « Nous sommes conscients de la gravité de la situation et nous mobilisons tous les moyens disponibles », a déclaré un porte-parole. Des mesures de prévention pour les futurs épisodes de canicule sont également à l'étude.
Des conséquences sur la filière avicole
Cette surmortalité massive pourrait avoir des répercussions sur l'ensemble de la filière avicole française, déjà fragilisée par la grippe aviaire. Les approvisionnements en volailles pourraient être perturbés dans les semaines à venir, avec une hausse des prix à la consommation. La filière craint également une perte de confiance des consommateurs.
Les scientifiques alertent sur le fait que les épisodes de canicule deviendront plus fréquents avec le changement climatique, et appellent à une adaptation des élevages. « Il faut repenser les bâtiments d'élevage pour les rendre plus résistants à la chaleur », insiste un chercheur. Des solutions comme la climatisation ou l'isolation renforcée sont envisagées, mais leur coût reste un frein pour de nombreux éleveurs.



