Bordeaux : le projet de raffinerie EMME bénéficie de la méthode Notre-Dame
Bordeaux : raffinerie EMME et méthode Notre-Dame

Près de Bordeaux, le projet d’usine de conversion de cobalt et nickel par la société Electro Mobility Materials Europe doit bénéficier de la méthode Notre-Dame, vantée par Emmanuel Macron. Pour la Sepanso Gironde, le dispositif d’accélération ne remet pas en cause pour l’instant les recours en justice, même s’il vise à décourager les opposants.

Une annonce présidentielle

En chasuble orange et casque bleu sur la tête, Emmanuel Macron a annoncé le 22 avril dans l’Allier sa volonté d’appliquer « la méthode Notre-Dame » à 150 projets jugés stratégiques par l’État. Pour accélérer leur aboutissement, ces 150 cathédrales industrielles, situées partout en France (63 départements), doivent bénéficier d’un accompagnement administratif renforcé.

En Gironde, la mesure concerne la raffinerie EMME (Electro Mobility Materials Europe), projet prévu sur 32 hectares à proximité de Bordeaux. À savoir un site de conversion de nickel et de cobalt, matériaux utilisés dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques. Le gouvernement Bayrou l’a déclaré Projet d’intérêt national majeur (PINM) juste avant de tomber, en septembre 2025. L’usine doit produire annuellement 20 000 tonnes de nickel et 3 000 tonnes de cobalt. La société Emme table sur 200 emplois directs et 300 indirects.

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Un projet contesté

Classée Seveso seuil haut, cette raffinerie soulève localement l’opposition de collectifs d’habitants et d’associations. Des élus, notamment les maires de Parempuyre et Blanquefort, contestent son implantation en bord de Garonne, sur une zone inondable. Le foncier ciblé appartient au Grand Port maritime de Bordeaux. Pour être constructible, ce terrain doit changer de classement au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Dans ce cas précis, la procédure de mise en compatibilité du PLUi relève du préfet et non de Bordeaux Métropole.

L’enquête publique a eu lieu. La population s’est massivement prononcée contre. Le 17 février, le commissaire enquêteur a rendu des conclusions plutôt favorables. À partir de là, Bordeaux Métropole avait deux mois pour émettre un avis (consultatif). Ce délai étant parasité par les élections municipales, Christine Bost, présidente de l’instance intercommunale, avait demandé un report. En vain.

Le préfet inflexible

Inflexible, le préfet Étienne Guyot invoque le « respect du cadre légal ». « Ces procédures sont strictement encadrées par des dispositions législatives et réglementaires, qui fixent des délais précis », souligne-t-il dans un communiqué en date du 17 avril. Avant de conclure : « Aucune disposition ne permet, en l’espèce, d’accorder une telle prolongation. » Sans surprise, il devrait valider l’autorisation environnementale et la modification du PLUi. Deux préalables à l’obtention du permis de construire, également instruit par ses services.

Réactions des opposants

Florence Bougault, administratrice de la Sepanso Gironde, réagit à l’intervention d’Emmanuel Macron : « Soyons positifs, limiter les délais de procédure, c’est aussi éviter plus vite des erreurs. » Pour autant, « si rehausser la cadence signifie passer en force, alors ces projets iront droit dans le mur. Implanter une usine en pleine zone d’expansion des crues reste un non-sens absolu. L’annonce présidentielle vise à impressionner ou décourager les opposants. Toutefois, la mobilisation ne faiblira pas. Tant que les recours juridiques existeront, ils seront utilisés. Je n’ose imaginer un monde dans lequel ils viendraient à disparaître. »

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