Le Spring Campus d'Arcachon : trois jours de rencontres disruptives pour les entrepreneurs
Connaissez-vous le Spring Campus ? Il s'agit d'un événement annuel organisé par l'association d'entrepreneurs Croissance Plus, présidée par Virginie Calmels, ancienne première adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux. Cette année, la manifestation se déroule jusqu'à vendredi au Palais des congrès d'Arcachon, réunissant environ 200 entrepreneurs et des intervenants qualifiés de « disruptifs ».
Une association qui se veut le « poil à gratter du Medef »
Croissance Plus se présente comme « le poil à gratter du Medef », notamment parce qu'elle prône « le partage de la valeur ». Virginie Calmels explique que l'objectif est de ne pas s'ennuyer, avec des personnalités fortes, parfois clivantes, pouvant aller jusqu'à la provocation. « Le but est de bousculer les pensées, pas de prendre parti. Nous sommes apolitiques », affirme-t-elle, tout en déplorant que François Ruffin n'ait pas répondu à son invitation, évoquant « un peu de sectarisme anti-patronal sans doute ».
Un programme éclectique et des têtes d'affiche
Le Spring Campus propose un programme varié avec des intervenants tels que :
- Le philosophe André Comte-Sponville
- Le prêtre Laurent Stalla-Bourdillon
- L'ancien agent du Mossad Raphaël Jerusalmy
- L'avocat de droite Thibault de Montbrial
- La représentante de Reconquête Sarah Knafo
- L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve
Mais le point culminant de cette édition a lieu ce jeudi après-midi avec l'interview en visioconférence de Carlos Ghosn, l'ancien patron de Renault-Nissan, poursuivi dans 13 pays et réfugié à Beyrouth depuis sa fuite spectaculaire du Japon en 2019.
Carlos Ghosn : analyses économiques et récit personnel
Lors de son intervention, Carlos Ghosn a partagé ses perspectives sur l'économie mondiale, prédisant une hausse des prix du pétrole, une inflation croissante, un ralentissement de la croissance et une aggravation des déficits budgétaires. « Mais sur le plan politique, impossible de prévoir quoi que ce soit », a-t-il tempéré.
Sur le plan entrepreneurial, il a critiqué « l'État stratège » de Nicolas Sarkozy en 2007, rappelant que ce dernier appelait son ministre de l'économie « Bac moins 10 ». Interrogé par Virginie Calmels sur la réduction des coûts, il a répondu : « Tout redressement d'entreprise commence par la réduction des coûts, mais ça ne suffit pas. Ça dure trois ans, pas plus. Il faut surtout réallouer les ressources des secteurs sans avenir pour les réinvestir vers ceux qui ont un futur. »
Regrets et fuite spectaculaire
Carlos Ghosn a également évoqué ses regrets professionnels, notamment avoir décliné la présidence de General Motors en 2008 pendant la crise des subprimes. « J'étais engagé avec Renault-Nissan dans la crise. J'ai dit non, et je le regrette comme vous pouvez le comprendre aujourd'hui », a-t-il confié.
Il a enfin raconté les détails de sa fuite du Japon, où il était assigné à résidence : « Mon arrestation a ressemblé à une mort. Je serai resté dix, vingt heures dans cette malle s'il l'avait fallu. Parce qu'au bout, il y avait la liberté et la possibilité de dénoncer cette injustice. » Virginie Calmels précise que l'objectif n'est pas de le juger, mais de l'écouter, soulignant l'esprit d'ouverture du Spring Campus.



