L'indice PMI composite signale un net recul de l'activité du secteur privé en mars
L'activité du secteur privé en France a enregistré en mars sa plus forte contraction depuis octobre, selon les dernières données de l'indice PMI composite publiées mardi par l'agence de notation S & P Global. Ce recul significatif, le plus marqué depuis plusieurs mois, intervient dans un contexte de forte hausse des coûts et d'incertitudes persistantes liées à la situation internationale, notamment la guerre au Moyen-Orient.
Un indicateur en net repli
L'indice mesurant l'évolution de l'activité du secteur privé a reculé à 48,8 en mars, contre 49,9 en février. Ce chiffre marque la troisième baisse consécutive sous la barre symbolique des 50, seuil qui sépare la contraction de l'expansion économique. L'élaboration de cet indice est le fruit d'une collaboration entre S & P Global et le Conseil national des achats (CNA), qui rassemble des responsables des achats en entreprise.
La hausse des coûts, un facteur déterminant
Les données publiées mettent en évidence la plus forte augmentation des coûts depuis novembre 2023 dans le secteur privé français. Cette tendance reflète principalement d'importantes tensions inflationnistes au sein du secteur manufacturier. Parallèlement, le repli des nouvelles affaires des entreprises s'est accéléré, et les ventes ont connu une baisse notable.
Un climat d'incertitude persistant
Pour Joe Hayes, économiste en chef à S & P Global Market Intelligence, un fort degré d'incertitude persiste, une réalité à laquelle les entreprises françaises se sont acclimatées ces dernières années en raison du contexte politique, mais qui nuit significativement à la croissance. Il ajoute que le rebond inflationniste lié à la guerre accroît en outre le risque de stagflation, combinant stagnation économique et inflation élevée.
Le secteur des services particulièrement touché
Dans les services, l'indice PMI s'est replié à 48,8 contre 49,6 en février, restant également sous la barre des 50 pour le troisième mois consécutif. Cette tendance traduit une accélération de la contraction dans le secteur, principalement expliquée par un recul plus prononcé des nouvelles affaires à l'approche des élections municipales de mars et en raison de la guerre au Moyen-Orient. L'impact du conflit sur les prix a été particulièrement important, avec un taux d'inflation des coûts atteignant un sommet de vingt mois.
Perspectives et emploi en recul
Si les perspectives d'activité à douze mois sont restées favorables, la confiance des entreprises recule par rapport aux niveaux observés avant la guerre au Moyen-Orient. Ce recul de l'optimisme s'est accompagné d'un retour à la baisse de l'emploi dans le secteur. Pour la première fois depuis fin 2025, les effectifs des prestataires de services français ont diminué par rapport au mois précédent.
L'industrie manufacturière en stagnation
L'indice PMI pour l'industrie manufacturière, publié le 1er avril, est ressorti à 50 en mars, après 50,1 en février, indiquant une stagnation de l'activité dans ce secteur. Cette performance contraste avec la contraction plus marquée observée dans les services, soulignant les disparités sectorielles face aux défis économiques actuels.



