Petit Bateau face aux défis structurels du textile français
Invé d’honneur du Bacchus Business Club à Bordeaux, Alexandre Rubin, directeur général de Petit Bateau, a détaillé les enjeux cruciaux de la transformation d'une marque patrimoniale dans un secteur textile particulièrement fragilisé. Arrivé à la tête de l'entreprise en 2023, il s'attelle à un redressement complexe pour cette maison fondée en 1893 et labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant.
Un contexte sectoriel difficile
Le défi est de taille dans un marché confronté à plusieurs phénomènes structurels :
- Une démographie en baisse en France
- La montée en puissance de la seconde main
- Une guerre des prix qui fragilise l'ensemble de la filière textile
« Soit on fait de la finance et on coupe les budgets. Soit on relance le commerce. C'est plus difficile, mais plus pérenne », résume Alexandre Rubin, optant clairement pour la seconde option.
La défense d'un modèle industriel français
Le dirigeant défend un modèle économique fondé sur la préservation d'un savoir-faire industriel en France. C'est à Troyes que Petit Bateau continue d'assurer une partie significative de la confection de ses produits, s'appuyant sur une main-d'œuvre qualifiée devenue rare.
« Le métier de la confection est un métier de main-d'œuvre. Et aujourd'hui, peu de gens veulent le faire », constate-t-il, soulignant l'un des défis majeurs du secteur.
Une vision hybride du commerce
Contrairement à ceux qui annoncent la fin du retail physique, Alexandre Rubin insiste sur sa mutation nécessaire : « Le commerce n'est pas mort. Il évolue. Et aujourd'hui, c'est le temps des indépendants. »
Avec 140 boutiques en France et un e-commerce représentant 30% de son activité, Petit Bateau illustre cette hybridation des canaux devenue indispensable pour maintenir la proximité avec ses clients. L'entreprise, qui réalise 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, emploie 2 500 salariés et est présente dans 65 pays, reste un acteur significatif du textile français.
Les autres temps forts de la soirée
La soirée du Bacchus Business Club a également mis en lumière plusieurs autres projets bordelais :
- La présentation des vins du Château Olivier par Laurent Lebrun
- Le projet d'envergure des Tall Ships Races 2027 Bordeaux, qui devrait rassembler plus de 800 000 visiteurs du 7 au 11 juillet 2027, renforçant ainsi l'attractivité économique et touristique de la métropole
La prochaine rencontre du club est prévue le mardi 5 mai au siège de Ceva Santé Animale à Libourne, avec une table ronde réunissant plusieurs dirigeants du secteur agroalimentaire et viticole.
Ce témoignage éclaire ainsi les défis structurels auxquels est confrontée l'industrie textile française, entre préservation du patrimoine industriel, adaptation aux nouvelles réalités commerciales et maintien de la compétitivité dans un environnement économique difficile.



